Les limites de la mondialisation

Rome: Message pour la 86ème journée mondiale des migrants et des réfugiés, en juin 2000

Rome, 6 décembre 1999 (APIC) Le Vatican a publié lundi à Rome le message du pape Jean Paul II écrit dans le cadre de la 86ème Journée mondiale du migrant qui aura lieu le 2 juin 2000 à Rome. Jean Paul II, qui relève les limites de la mondialisation dans ce qu’elle provoque de déséquilibre entre pays riches et pays pauvres, estime néanmoins que le phénomène actuel de globalisation peut être une occasion de rencontre et de dialogue entre les différentes cultures à même de provoquer « une nouvelle conscience d’une solidarité nécessaire pour éliminer les inégalités entre pays riches et pays pauvres ».

Aujourd’hui, le phénomène de globalisation accélère les flux de capitaux et d’échange de biens et de services entre les hommes, ce qui influe inévitablement sur les déplacements humains. Si des relations d’amitié qui dépassent les diversités de langue et de culture deviennent une réalité quotidienne pour beaucoup, peut-on lire dans ce document, la globalisation produit aussi de nouvelles fractures.

Pour le pape, un libéralisme sans freins adéquats ne fait en effet qu’augmenter le fossé entre les pays qui émergent et les autres pays. « Les premiers disposent de capitaux et de technologies qui leur permettent de jouir avec complaisance des ressources de la planète, et pas toujours dans un esprit de solidarité et de division, précise-t-il, alors que les autres, au contraire, n’accèdent pas facilement aux ressources nécessaires pour un développement humain adéquat. Il leur manque même parfois les moyens pour subsister ».

« Ce sont ces mêmes pays, ajoute le pape qui, écrasés par leurs dettes et lacérés par des divisions internes, finissent fréquemment par dilapider leur peu de richesses dans la guerre ».

La politique des frontières fermées

D’autre part, affirme le message, de nombreuses régions du monde vivent dans l’instabilité et l’insécurité. Ce qui, aux yeux du pape, produit une migration des désespérés, en quête d’une terre nouvelle qui puisse leur offrir du pain, la dignité et la paix. Chaque jour des milliers de personnes s’aventurent ainsi vers l’inconnu, affrontant parfois des risques dramatiques et bien souvent pour aller vers d’ultérieures désillusions. Bien que de nombreux pays d’accueil font des efforts importants pour accueillir les immigrés qui, après une période d’adaptation, réussissent à s’insérer dans le pays d’accueil, le pape rappelle l’urgence d’une transformation des structures et d’un changement de mentalité. Il souhaite que dans chaque Etat, la législation relative à l’immigration soit basée sur la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne.

Jean Paul II constate que les pays dits riches tendent en effet à adopter des politiques de fermeture des frontières, augmentant ainsi le nombre des clandestins, des hommes et femmes en situation irrégulière, privés des droits dans un pays qui refuse de les accueillir, victimes de la criminalité organisée ou d’entrepreneurs sans scrupule.

Le pape souligne par ailleurs que l’Année Jubilaire est l’année du pèlerinage, une démarche qui est pour tous une occasion privilégiée de rencontre avec l’autre, qu’il soit l’hôte, l’étranger, le réfugié, celui qui professe une autre religion ou bien le non croyant. De fait, tout chrétien devrait être prêt à accueillir l’étranger. Pour le pape, le devoir de l’Eglise est que « la dignité de toute personne soit respectée, que l’immigré soit accueilli comme un frère ». Cette invitation à l’hospitalité, rappelle Jean Paul II, devient actuelle et urgente ».

Enfin, « dans un siècle qui a vu de nombreuses tragédies comme les guerres, les déportations, les camps d’extermination, les nettoyages ethniques et toute autre forme de « haine », le message du pape insiste pour que la société s’engage à refuser toute discrimination fondée sur la race, la culture ou la religion ». (apic/imed/tg/pr)

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