Soudan: Les Pères Boma et Sabit, en prison depuis 16 mois, ont été finalement libérés
Khartoum, 7 décembre 1999 (APIC) Les deux prêtres catholiques détenus au Soudan depuis seize mois sous l’accusation d’activités terroristes, les Pères Hilary Boma et Lino Sabit, ont été libérés lundi, quelques jours après avoir refusé la grâce présidentielle. Tous deux ont pris part à une veillée de prière improvisée lundi soir dans la cathédrale de Khartoum.
Le Père Boma, 57 ans, chancelier de l’archidiocèse de Khartoum, et le Père Sabit, 31 ans, prêtre de Hilla Mayo, ont été arrêtés respectivement le 28 juillet et le 1er août 1998. Les autorités soudanaises les accusaient d’être impliqués, avec 18 autres citoyens soudanais, dans des attentats à la bombe perpétrés à Khartoum les 29 et 30 juin 1998. Une accusation jugée suspecte par maints observateurs: presque tous les engins explosifs avaient été « découverts » et désamorcés par les forces de l’ordre. Les deux prêtres ont déclaré à ceux qui leur avaient rendu visite en prison avoir été soumis à des tortures pour obtenir leurs aveux.
Un dossier vide
Le procès des deux prêtres avait commencé devant un tribunal militaire. Sur les instances de la défense, il s’était poursuivi devant un tribunal civil, où il était resté bloqué. Le Père Boma a appris sa libération, celle de son confrère et des dix-huit autres inculpés lundi lors d’une rencontre avec le président Omar Hassan Ahmed al-Bechir. La nouvelle de leur libération a été donnée lundi soir par la télévision d’Etat soudanaise. Le président al-Bechir a déclaré que la décision a été prise à l’occasion du mois du Ramadan, en signe de paix. Sur le plan judiciaire, plus aucune charge ne pèse sur les deux prêtres et les autres citoyens arrêtés, l’autorité étant revenue sur ses accusations.
Lundi soir, une veillée de prière et d’action de grâces a eu lieu dans la cathédrale de Khartoum, envahie par une foule nombreuse, en présence de l’archevêque, Mgr Gabriel Zubeir Wako, et des deux prêtres fraîchement libérés. Il y a quelques jours, les Pères Boma et Sabit avaient rejeté la grâce offerte par le président al-Bechir, qui mène une politique d’homogénéisation islamique clairement anti-catholique dans l’ensemble du pays. Ils estimaient en effet que l’accepter reviendrait à reconnaître leur culpabilité. Les deux prêtres avaient exigé que toute la lumière soit faite sur leur affaire et que leur séjour carcéral se termine par une déclaration d’innocence totale. (apic/cip/misna/pr)
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