New York: Première réunion de la Commission mixte des historiens juifs et catholiques
New York/Rome, 8 décembre 1999 (APIC) La Commission mixte composée de six historiens juifs et catholiques chargés d’étudier les Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, a siégé pour la première fois lundi et mardi à New York.
Les six chercheurs qui vont dépouiller les onze volumes des «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale», publiés entre 1965 et 1981 à la demande du pape Paul VI, se sont réunis pour la première fois à New York les 6 et 7 décembre, rapporte mercredi le quotidien italien «Il Corriere della Sera».
Voix critique
Parmi ces historiens en majorité nord-américains, dont trois sont juifs et trois sont catholiques, se trouve le Dr Robert Wistrich, juif et professeur d’histoire à l’Université de Jérusalem. Celui-ci avait déclaré le 26 octobre dernier au «Corriere della Sera» que cette entreprise n’avait «pas de sens», du fait qu’elle ne devait pas étudier les archives du Vatican elles-mêmes, mais simplement les volumes publiés à partir de ces archives. «Ou bien on a accès à l’inédit, ou bien c’est une farce», avait-il affirmé alors. Un mois après, le 23 novembre, son nom figurait cependant dans la liste de ceux qui allaient constituer cette équipe.
S’ils n’auront pas accès à l’ensemble des archives elles-mêmes, les six historiens vont toutefois, lors de leur étude, relever les questions qui à leur avis méritent des éclaircissements supplémentaires, et demander alors de pouvoir accéder aux archives du Saint-Siège concernant ces points précis.
Rien à cacher au Vatican
A l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège, on estime que le travail de ces historiens sera «utile». En revanche, pour le Père Pierre Blet, seul jésuite encore vivant sur les quatre qui avaient travaillé à la publication des «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale», le travail de cette commission ne sera pas a priori d’un grand intérêt. «Les historiens espèrent trouver des documents très intéressants dans les archives du Saint-Siège, mais nous avons déjà tout regardé et nous n’avons rien trouvé», a-t-il expliqué à la correspondante romaine de l’agence APIC. «Bien sûr il a pu nous échapper quelque chose», ajoute-t-il, «mais nous n’avons rien caché».
Pour le Père Blet, les choses seront plus faciles le jour où ces archives seront accessibles au public. Pour l’instant les archives du Saint-Siège ne sont disponibles que jusqu’à l’année 1922, pour des raisons pratiques et pour des raisons de confidentialité. Ces archives contiennent en effet des affaires personnelles, et il faut donc attendre, pour les rendre publiques, que les personnes qu’elles concernent soient décédées ainsi que leurs proches. (apic/imed/be)
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