En Afrique, les campagnes pour le préservatif ne fonctionnent pas
Rome, 12 décembre 1999 (APIC) Pour le Saint-Siège, la manière la plus efficace de faire reculer le sida reste «l’éducation aux valeurs». C’est ce qu’à déclaré Mgr Jacques Suaudeau, médecin et adjoint au secrétariat du Conseil pontifical pour la famille, à l’issue d’un colloque organisé au Vatican par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé sur «l’Eglise catholique et le défi du sida». Dans les pays africains les campagnes pour l’utilisation des préservatifs ne permettent pas d’obtenir des résultats tangibles, relève le prélat.
Rassemblant des personnes du monde entier, de pays riches comme de pays pauvres, tant des médecins que des pasteurs et des éducateurs, ce colloque, tenu du 9 au 11 décembre, avait pour but de discuter des orientations pastorales de l’Eglise dans le monde vis à vis des victimes du sida. Ses conclusions devraient servir ultérieurement à un congrès plus important sur la question.
D’après Mgr Suaudeau, les actions de l’Eglise en ce qui concerne le sida s’orientent dans trois directions, en particulier dans les pays peu développés. La première est la prévention, à travers une «éducation aux valeurs» qui encourage une sexualité responsable et la fidélité dans le mariage. La seconde est la lutte contre toute discrimination vis à vis des sidéens, et la troisième est l’attention aux malades à travers des centres de soin.
«25 % des actions menées dans le monde contre le sida et en faveur des malades du sida sont réalisées par l’Eglise catholique, y compris en ce qui concerne leur traitement médical», a assuré Mgr Suaudeau. à la correspondante d’APIC.
«Les campagnes pour l’utilisation des préservatifs ne permettent pas d’obtenir des résultats tangibles dans les pays africains», remarque encore Mgr Suaudeau. L’Eglise critique effectivement cette propagande qui incite les jeunes à avoir des rapports sexuels, souligne-t-il. «Aujourd’hui, si on observe un recul du sida en Ouganda par exemple, c’est grâce à un changement d’attitude chez les jeunes, à travers cette éducation aux valeurs que l’Eglise encourage».
C’est précisément à la suite du voyage de Jean-Paul II en Ouganda en février 1993 que le pape avait été accusé de «non-assistance à personne en danger» devant le Parlement européen pour n’avoir pas conseillé l’usage des préservatifs aux Ougandais. Jean-Paul II avait rencontré les malades du sida à l’hôpital Saint-François de Kampala et s’était adressé aux jeunes dans le stade de la capitale ougandaise, pour leur parler des valeurs de la chasteté et du mariage. (apic/imed/mp)
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