Commerce légal ou illégal des armes destinées à l’Afrique
New York, 16 décembre 1999 (APIC) Le Saint-Siège condamne une nouvelle fois le commerce d’armes et s’inquiète de l’achat massif d’armes par les pays pauvres d’Afrique. La première action à mener dans ce continent est de mettre fin au commerce des armes, qu’il soit légal ou illégal, a déclaré Mgr George Panikulam, au cours d’une intervention faite à New York lors de la 54e session plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les causes des conflits. Le représentant du Saint-Siège a mis dans un « même panier » acheteurs, fabriquants et fabriquants d’armes dans le monde.
Pour le Saint-Siège, « tant que le flux constant des armes vers l’Afrique ne sera pas restreint de façon significative, les situations de conflits vont continuer au point que le cours des événement va même devenir plus dangereux ». Ceux qui fournissent ces armes comme ceux qui les utilisent sont également coupables. Coupables dans les conflits qui touchent le continent, coupables de provoquer d’accroître la pauvreté qui affecte sa population.
Déplorant « le désintérêt croissant de la communauté internationale vis-à-vis de l’Afrique », le Saint-Siège estime que l’action de la communauté internationale doit d’abord se concentrer sur la résolution des conflits dont beaucoup sont devenus des « guerres oubliées ». Mgr George Panikulam a cité plusieurs pays: Angola, la région des Grands Lacs, Congo-Brazzaville, Sierra Leone, Guinée-Bissau, République démocratique du Congo, la Corne de l’Afrique et le Soudan, en soulignant l’inefficacité des discussions et des débats internationaux qui n’ont pas abouti à des solutions durables pour ces pays.
Depuis 1970, plus de 30 guerres ont eu lieu en Afrique, et 14 de ses 53 pays en ont été touchés, a-t-il indiqué. Chaque conflit a causé plus d’un million de morts, ainsi que des millions de réfugiés et personnes déplacées, sans compter les enfants tués, mutilés ou handicapés, orphelins ou abandonnés, ou encore forcés de prendre eux-mêmes les armes pour combattre.
Soif de pouvoir
Pour le représentant du Saint-Siège, la première action à mener en Afrique est de mettre fin au commerce des armes, qu’il soit légal ou illégal. Evoquant l’acquisition d’une grande quantité d’armes par les pays pauvres de l’Afrique, Mgr George Panikulam a dénoncé les pays les plus riches, en Afrique ou à l’extérieur, qui profitent par ce commerce de « la soif du pouvoir de quelques-uns, et empêchent que les fonds utilisés pour l’achat de ces armes soient consacrés à lutter contre la famine. « Les leaders des régions riches en diamants les vendent pour acquérir des armes plus sophistiquées >>, a-t-il fait remarquer en particulier.
Pour le Saint-Siège, la lutte contre la pauvreté dépend de ce combat contre le trafic des armes. Déplorant que 10 millions de personnes dans l’Afrique sub-saharienne aient besoin d’une aide urgente en nourriture, et que 44% de l’ensemble des Africains vivent dans une pauvreté absolue, Mgr George Panikulam a rappelé que les terres en Afrique « sont assez riches et fertiles pour fournir une solide base pour la prospérité ». (apic/imed/pr)
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