Etats-Unis: Controverse au Capitole de Washington après l’élection d’un aumônier
Washington, 19 décembre 1999 (APIC) Le Capitole de Washington est aujourd’hui le théâtre d’une vive controverse, qui a pour origine la sélection d’un nouvel aumônier auprès de la Chambre des représentants. Un prêtre catholique a en effet été écarté, «en raison du sentiment anti-catholique historiquement présent au sein du gouvernement américain depuis sa fondation», à moins que cela ne soit pour «satisfaire la force politique évangélique conservatrice connue aux Etats-Unis comme la «Religious Right» (Droite religieuse), rapporte l’Agence œcuménique ENI.
La polémique a éclaté il y a deux semaines, avec l’annonce, par les leaders républicains, de leur choix en faveur du pasteur presbytérien Charles Parker Wright pour le poste d’aumônier. Cette annonce a provoqué la surprise parmi les 18 membres de la Commission parlementaire qui, par vote secret, avaient décidé de porter leur choix sur un prêtre catholique, Timothy O’Brien. Un choix fait après l’étude des dossiers de quelque 50 candidats.
Lorsque les leaders de la Chambre des représentants ont écarté Timothy O’ Brien – qui aurait été le premier aumônier non protestant -, beaucoup ont crié au scandale. Quant à l’association «Americans United for the Separation of Church and State» ( Américains en faveur de la séparation de l’Eglise et de l’Etat), ils ont demandé que le poste – qui représente un salaire de 135’200 dollars par an et un budget annuel de 277’000 dollars – soit supprimé.
Plusieurs membres du Congrès se demandent ouvertement si les leaders de la Chambre des représentants n’ont pas cédé aux exigences de la Droite religieuse, qui a débuté il y a 20 ans comme mouvement de base parmi les chrétiens conservateurs décidés à influencer la politique américaine.
Son influence a été reconnue avec l’élection de 1994, qui a vu les Républicains remporter le contrôle de la Chambre des représentants pour la première fois depuis les années 50. D’autres membres du Congrès sont allés plus loin encore, rapporte ENI, en accusant ouvertement le président de la Chambre Dennis Hastert et le leader de la majorité Dick Armey d’être anti-catholiques.
«Offensée et amère»
«En tant que membre de la Chambre et de la Commission parlementaire et en tant que catholique, je suis offensée et amère», a déclaré au «New York Times» Anna G. Eshoo, démocrate de Californie.
Dans l’intervalle, des représentants des mouvements «Americans United» et «American Civil Liberties Union» ont déclaré que le Congrès devrait en finir avec ces attaques sournoises et abolir ce poste.
«L’accusation de bigoterie religieuse entache la réputation de la Chambre et sape la confiance du public dans l’engagement de la Chambre en faveur de la non-discrimination religieuse», a fait remarquer Barry Lynn, directeur exécutif de «Americans United». Dans une lettre à Dennis Hastert, il écrit: «La réponse n’est pas d’essayer d’améliorer le processus de sélection, mais de supprimer le poste d’aumônier».
Le Congrès des Etats-Unis s’est doté d’un aumônier depuis sa fondation, en 1789. Ce poste est ensuite devenu un emploi à plein temps. James B. Ford, pasteur luthérien qui prendra sa retraite à la fin du mois, l’a occupé pendant 21 ans.
Une influence certaine
Selon le règlement, «l’aumônier est présent au début de chaque session de la Chambre et ouvre celle-ci par une prière». L’aumônier dispense des conseils privés aux membres et aux employés du Congrès, participe aux cérémonies publiques et coordonne l’utilisation de la salle de prière de la Chambre des représentants.
Parmi les anciens aumôniers figurent des presbytériens, des méthodistes, des baptistes, des unitariens, des congrégationalistes, des épiscopaliens (anglicans) et des luthériens. Mais ce poste n’a jamais été occupé par un catholique, un juif, un musulman, un bouddhiste ou un hindou. (apic/eni/pr)
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