Macao: Une chance à saisir, selon le Père Cerezo Ruiz
Macao, 22 décembre 1999 (APIC) La rétrocession de Macao à la Chine est un défi pour une Eglise locale trop souvent statique et identifiée à l’Occident et au colonialisme portugais. Quatre jours après les cérémonies officielles, Daniel Cerezo Ruiz, un missionnaire combonien qui vit et travaille depuis de nombreuses années à Macao avec cinq autres confrères du même ordre, espère que l’Eglise du lieu saura saisir la chance qui lui est offerte.
«L’Eglise, explique le religieux, continuera à exercer son influence dans le secteur de l’éducation, où elle regroupe 40’000 étudiants, répartis en trente écoles; elle continuera à avoir une place dans les oeuvres sociales et caritatives à travers les cliniques, les résidences pour personnes âgées et les autres institutions caritatives. Toutefois, elle s’avère plutôt absente dans le secteur pastoral».
En tout cas l’entente qui a sanctionné le passage à la souveraineté chinoise garantit à l’Eglise, du moins en théorie, la conservation des ses espaces d’action. Macao a été jusqu’ici une zone où les différentes religions ont vécu sans dissensions, même si l’Eglise, arrivée avec le pouvoir colonial portugais, peut parfois être vue comme l’un des aspects du colonialisme lui-même. «Les missionnaires jésuites arrivés à Macao, explique le père Cerezo, ne tardèrent pas à fonder le Collège de Saint-Paul, la première Université catholique d’Orient. Ce sont ensuite les dominicains et les augustiniens qui arrivèrent. Le centre Saint-Paul a servi à enseigner la langue aux missionnaires et à diffuser des traductions vers la Chine».
De nouvelles opportunités
Sur 70 prêtres, 40 sont des religieux. Les comboniens travaillent dans le domaine pastoral, de même qu’un religieux paulinien. Les autres congrégations masculines sont les jésuites, les salésiens, les dominicains et les rédemptoristes. Les congrégations féminines sont quinze.
«Il faut espérer, déclare le père Cerezo, qu’au lendemain du 20 décembre, on écoute la voix prophétique de l’Eglise, chose rare jusqu’ici, au moins pour défendre les plus pauvres et tous ceux qui sont impliqués plus directement dans les questions sociales. La nouvelle formule «un pays deux systèmes» peut apporter de nouvelles opportunités missionnaires pour l’Eglise de Macao. Elle peut la pousser sans aucun doute vers une rénovation intérieure et vers la mission au sein de la société, et les deux choses lui sont absolument nécessaires pour survivre et rester fidèle à elle-même». (apic/cip/pr)
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