Belgique: Les conseillers spirituels des prisons écrivent au roi
Bruxelles, 27 décembre 1999 (APIC) A la veille de Noël, les conseillers religieux et laïcs des prisons de Belgique ont adressé une lettre au roi Albert II pour le prier « de bien vouloir envisager une mesure de grâce collective en faveur des détenus à l’occasion de la célébration du millénaire ».
C’est la première fois que les conseillers spirituels des prisons du royaume, représentants des diverses religions et de la laïcité, s’expriment ensemble et publiquement sur un sujet d’actualité.
Les aumôniers et conseillers de prison n’ignorent pas que leur demande peut heurter la sensibilité de la population très marquée par les événements dramatiques qui ont secoué la société belge au cours des cinq dernières années. En particulier les enlèvements et assassinats d’enfants qui « ont provoqué des réactions d’une telle ampleur et d’une telle intensité qu’elles ont perturbé jusqu’à aujourd’hui encore, non seulement le monde de la justice et l’univers carcéral mais également notre société dans ses couches les plus profondes ».
Les conseillers de prison sont conscients des « réflexes de défense, souvent irrationnels » auxquels leurs questions peuvent se heurter. Ils estiment néanmoins qu’il est de leur devoir de les mettre sur la table, surtout à la veille de la célébration de l’an 2000, qui donne l’occasion aux croyants et aux non croyants d’unir leurs voix pour réclamer une « remise de dettes ».
Les signataires de la lettre se disent convaincus « qu’une mesure de grâce collective peut revêtir une charge symbolique essentielle ». « Elle signifierait, expliquent-ils, que les détenus ne doivent pas se sentir catalogués une fois pour toutes et réduits à leurs actes. Elle symboliserait la possibilité de rompre le carcan pénal qui emprisonne les auteurs de délits et les victimes dans leur rôle respectif ».
Les conseillers de prison sollicitent une mesure de grâce à titre de « geste de réconciliation », non pas, insistent-ils, pour masquer l’injustice et faire l’impasse sur le devoir de réparation, mais « pour offrir une nouvelle chance ». Il leur importe que soit créé le contexte favorable dans lequel les auteurs de délits pourraient accepter et assumer les conditions d’un rachat par des actes de réparation. Ils plaident aussi pour une préparation sérieuse de la libération: il s’agit que chaque détenu trouve des conditions décentes de réinsertion sociale. (apic/cip/ mp)
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