L’évêque des «Indios» a signé sa lettre de démission
San Cristobal de Las Casas, 4 novembre 1999 (APIC) L’évêque de «los Indios», Mgr Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal de Las Casas, dans le Chiapas mexicain, a signé mercredi 3 novembre, jour de son 75e anniversaire, sa lettre de démission qu’il fera parvenir au pape Jean Paul II, comme l’exige le droit canon. Avec cette démission, c’est l’un des évêques les plus engagés aux côtés des pauvres en Amérique latine , mais aussi l’un des plus controversés par la hiérarchie qui s’en va. Pour une retraite cononique. Mais pas de la vie active.
Devant plusieurs centaines de «campesinos» de son diocèse, en présence d’évêques du Guatemala voisin, Mgr Raul Vera Lopez, évêque coadjuteur de San Cristobal, et à ce titre, successeur de Mgr Ruiz, a présidé une eucharistie de plus de 4 heures en la cathédrale de San Cristoal. A la fin de la cérémonie, l’évêque démissionnaire pour raison d’âge et son successeur ont signé le document du Synode diocésain récemment tenu. Un document relatif à la pastorale sociale appelée à se poursuivre dans ce diocèse pour les années à venir.
Interrogé sur le contenu de sa lettre de démission, Mgr Ruiz a déclaré ne pas vouloir le rendre public. «Il s’agit d’un document personnel dirigé au pape Jean Paul II». Il a de plus souligné qu’il attendra la réponse du pape pour rendre effective sa démission. «Pas avant le 25 janvier 2000», espère-t-il. Ce jour là, Mgr Ruiz fêtera 40 ans de sacerdoce.
L’évêque de «los Indios» a demandé à son successeur de poursuivre son travail ministériel en faveur des peuples indigènes, et d’amplifier encore l’évangélisation, laquelle, a-t-il fait remarquer, ne doit en aucun cas être suspendue sous prétexte des différences entre les langues autochtones.
A Rome fin novembre
Faisant référence au conflit entre l’Armée zapatiste de libération et le dialogue suspendu avec le gouvernement fédéral, Mgr Ruiz considère que les pourparlers pourraient reprendre après les campagnes électorales politiques, «qui relèguent au second plan les problèmes du pays».
Mgr Ruiz se rendra personnellement à Rome entre le 23 et le 25 novembre, où sans doute il rencontrera le pape. Mgr Ruiz, dont la hiérarchie catholique mexicaine et en particulier l’ancien nonce, Mgr Prigione, a souvent réclamé «la tête», allant même jusqu’à exiger sa démission, s’est constamment battu aux côté des «Indios» et des «campesinos» pour leur rendre leur dignité. Impliqué dans les négociations en faveur de la paix et du dialogue, Mgr Ruiz a échappé à plusieurs reprises à des attentats.
Fribourg: Hans Küng, en pleine forme, plaide pour la création d’une éthique mondiale
«J’ai beaucoup d’espoir pour le successeur de Jean Paul II…»
Fribourg, 4 novembre 1999 (APIC) «L’esprit du deuxième Concile du Vatican ne peut nous être enlevé, ni par la curie romaine accrochée au pouvoir ni par des théologiens poltrons qui se taisent»: Hans Küng, âgé de 71 ans, comme de coutume, m’a pas mâché ses mots mercredi soir à l’Université de Fribourg en Suisse devant un nombreux public.
Le thème de la conférence d’un des plus célèbres théologiens catholiques contemporains, celui qui dans les années 70 a été remis à l’ordre par le Vatican, s’intitulait: «Les religions contribuent à la naissance d’une éthique mondiale»
Maniant l’ironie et l’humour, Hans Küng n’accepte pas les lenteurs lamentables et les retards tragiques. «Pendant que la terre entière, dans toutes les régions du monde, se lance dans un développement sans exemple jusqu’ici, les Eglises chrétiennes séparées, malgré la globalisation, mastiquent toujours les mêmes problèmes de l’époque de la Réforme au 16e siècle». Il est un scandale que personne encore n’a mis en évidence depuis la chute du mur de Berlin, il y a 10 ans. «Alors que la séparation entre catholiques et protestants n’a pas encore pu être surmontée, le premier souci des Eglises est de savoir comment elles peuvent maintenant prélever des impôts ecclésiastiques à l’Est !…»
Le bonheur de voir le prochain pape…
La reconnaissance réciproque des ordinations et des ministères, l’intercommunion, l’abandon du célibat obligatoire dans l’Eglise catholique? «Tout cela n’est pas difficile à faire. On doit seulement le réaliser! Et Hans Küng, enjoué, de déclarer: «Nous aurons peut-être le bonheur de voir le prochain pape dire un matin. «J’ai bien dormi, nous avons fait que nous avions à faire». L’unité visible des Eglises est pour lui une vision réaliste pour le 21e siècle.
Le théologien de Tübingen a surtout de grands espoirs pour le successeur de Jean Paul II . Il verrait bien le nouveau pape annoncer en commun avec d’autres chefs d’Eglise de nouvelles solutions éthiques pour le monde entier. «En septembre de l’an 2000 doit se tenir à New York, sur l’initiative des Nations Unies, pour la première fois, un Sommet des laeders religieux. Il suffirait, selon Hans Küng, que des impulsions éthiques soient lancées par quelques fortes personnalités pour que quelque chose bouge. Pour lui, le grand miracle du 20e siècle, ce fut la réconciliation des ennemis héréditaires, la France et l’Allemagne, lorsque de Gaulle et Adenauer, comme peu de gens l’ont fait, se sont mis d’accord là dessus.
Le théologien de Tübingen a encore plaidé pour que les religions s’engagent résolument dans un travail pour la paix. Dans la Yougoslavie déchirée, elles ont abandonné leur devoir de façon impardonnable. Entre les évêques croates catholiques et les dirigeants des Eglises orthodoxes un dialogue intensif aurait pu se mettre en route: Il auraient pu réfléchir ensemble sur les mythes créés autour de la bataille de Kosovo Polje en 1389, des mythes qui séparent aujourd’hui encore les Serbes et les Albanais du Kosovo, Et Küng d’affirmer: «Il n’y a pas ’de nation innocente’. Il faut parler des fautes, de pénitence et de pardon. On prépare de nouveaux conflits avec des catégories de droit et de puissance qui ne mène à aucune solution pacifique. Comme l’ont suffisamment montré les conflits au Proche-Orient». (apic/job/gs/ba)
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