Le pape et des évêques luthériens scandinaves réunis

Rome: Célébration œcuménique des vêpres en la basilique vaticane

Rome, 14 novembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a présidé samedi soir dans la basilique Saint-Pierre une célébration oecuménique solennelle des vêpres, en présence d’évêques luthériens scandinaves et de la famille royale de Suède, en l’honneur de Sainte Brigitte, vénérée par les deux Eglises. Cette célébration concluait un symposium international luthérien-catholique organisé à Rome par l’Ordre de sainte Brigitte de Suède.

Avec Jean Paul II, deux évêques catholiques, Mgr Anders Arborelius, évêque de Stockholm en Suède, et Mgr Czeslaw Kozon, évêque de Copenhague au Danemark, ont présidé la cérémonie, en compagnie du primat de l’Eglise luthérienne de Suède, l’archevêque G.H. Hammar, et du Primat de l’Eglise luthérienne de Finlande, l’archevêque Jukka Paarma.

Parmi les évêques luthériens de Suède, Finlande, Danemark et Norvège, qui étaient présents lors de cette cérémonie, se trouvaient deux femmes évêques de l’Eglise luthérienne. Au cours de ces vêpres solennelles, Jean Paul II a insisté sur la nécessité de l’engagement pour l’unité des chrétiens, en rappelant qu’une cérémonie similaire avait déjà eu lieu dans la basilique Saint-Pierre le 5 octobre 1991, à l’occasion du quatrième centenaire de la canonisation de Sainte Brigitte, l’unique Sainte de Suède.

Huit ans après cette cérémonie, le 1er octobre dernier Jean Paul II proclamait Sainte Brigitte co-patronne de l’Europe, en même temps que sainte Catherine de Sienne et sainte Edith Stein.

Le pape a également évoqué la signature, le 31 octobre dernier à Augsbourg, en Allemagne, la Déclaration commune entre Luthériens et Catholiques sur la Justification. «Cet acquis du dialogue oecuménique, pierre du chemin vers l’unité pleine et visible, est le résultat d’un travail intense de recherche, de rencontres et de prière», a-t-il souligné. Avant de constater qu»’il reste cependant devant nous un long chemin à parcourir. Nous devons faire encore plus, conscients des responsabilités qui nous incombent à tous, au seuil d’un nouveau millénaire».

Médiation

Le primat de l’Eglise de Finlande, l’archevêque Jukka Paarma, a également cité un passage de cette Déclaration commune. Le primat de l’Eglise luthérienne de Suède, l’archevêque G.H. Hammar, a de son côté proposé une méditation inspirée d’une réflexion de Luther sur la prière du Magnificat de la Vierge Marie. L’ensemble des interventions était entrecoupé de chants interprétés tantôt par un choeur luthérien tantôt par celui de la basilique vaticane.

A l’issue de cette cérémonie, le pape, les évêques catholiques et luthériens et la famille royale de Suède sont sortis de la basilique pour gagner la Place Sainte-Marthe, où Jean Paul II a béni une statue en marbre blanc de Carrare de sainte Brigitte haute de cinq mètres trente. Une statue à laquelle le pape tenait beaucoup et qu’il a voulu placer là en signe des efforts à accomplir pour parvenir à l’unité des chrétiens.

Le matin du 13 novembre, le roi Carlo Gustavo, la reine Silvia de Suède s’étaient entretenus en privé pendant une demi-heure avec Jean Paul II au Vatican, avant d’être rejoint pour quelques moments d’échanges par la princesse Vittoria et l’ensemble de leur délégation.

D’après un journaliste suédois, la question des relations entre l’Etat suédois et l’Eglise luthérienne ont très probablement été abordés au cours de cet entretien. A partir du mois de janvier 2000 en effet, l’Eglise et l’Etat seront séparés en Suède, et les pasteurs luthériens ne seront plus considérés comme des fonctionnaires payés par l’Etat.

Rome: Inauguration par le pape de la chapelle «Redemptoris Mater»

Destinée à symboliser l’engagement du pape pour l’unité

Rome, 14 novembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a célébré dimanche 14 novembre une messe solennelle pour inaugurer une chapelle du Palais apostolique du Vatican, la chapelle «Redemptoris Mater», dont les travaux de restauration, commencés en novembre 1996, viennent d’être achevés.

Destinée à symboliser l’engagement du pontificat de Jean Paul II en vue de l’unité des chrétiens, et spécialement en vue du rapprochement entre catholiques et orthodoxes, cette chapelle, qui contient une centaine de places, est décorée sur son plafond et sur ses murs de mosaïques de style moderne mais qui reprennent des thèmes des anciennes mosaïques byzantines. On y retrouve des interprétations typiquement orientales. La Résurrection du Christ, par exemple, y est représentée, non pas comme une montée du Christ vers les Cieux, comme dans la tradition occidentale, mais par un descente aux enfers. Une place importante est par ailleurs accordée à l’image de la Dormition de la Vierge, fête capitale pour les orthodoxes.

Cette chapelle est «une expression de cette théologie à deux poumons dans laquelle l’Eglise du troisième millénaire peut puiser une nouvelle vitalité», a souligné Jean Paul II au cours de sa première messe dans cette chapelle. Ses mosaïques, a ajouté le pape, font revivre «la richesse de la tradition orientale relue avec la conscience de celui qui connaît aussi celle de l’Occident», a-t-il encore commenté.

Le pape a remercié par ailleurs les cardinaux qui lui ont offert les travaux de restauration de cette chapelle à l’occasion du 50ème anniversaire de son ordination sacerdotale, célébré en novembre 1996. Jean Paul II a encore insisté sur sa consécration spéciale à la Vierge Marie «Mère du Rédempteur», «sous laquelle j’ai vécu toutes ces années mon service à l’Eglise», a-t-il souligné, «et à l’intercession de laquelle je confie le temps que le Seigneur voudra encore me concéder».

D’Edith Stein aux moins de Tibhirine

Reprenant par endroit les figures des grands saints à travers des personnages assez statiques, comme dans la tradition des icônes, les mosaïques qui viennent d’être achevées présentent à d’autres endroits des personnages plus animés. On y voit en particulier la figure de Sainte Edith Stein, celles d’un moine de Tibhirine assassiné en Algérie en 1996, d’un luthérien tué par les nazis, ou de chrétiens ukrainiens victimes des communistes. Ailleurs, dans le cortège du peuple de Dieu, on aperçoit des personnages vêtus de tuniques blanches mais dont les attributs évoquent la vie quotidienne des hommes du 20ème siècle. L’un d’eux en effet avance en tenant dans ses deux mains un ordinateur portable. Autre détail, l’enfer, évoqué par un diable sombre, est entouré d’un rideau rouge. Une façon de souligner que l’on ne sait pas s’il y a des personnes derrière.

L’ensemble, très coloré et lumineux, a été réalisé sous la direction et avec la participation directe du Père Marko Ivan Rupnik, prêtre slovène diplômé des beaux Arts et spécialiste de l’art de la mosaïque, avec la collaboration et les conseils de l’Institut Pontifical oriental, et de nombreux experts, artistes et théologiens orthodoxes de différentes nationalités, parmi lesquels le français Olivier Clément.

Comme avant le début des travaux, c’est dans cette chapelle qu’auront lieu désormais les prédications du Père franciscain Raniero Cantalamessa, prédicateur officiel de la Maison Pontificale, ainsi que la retraite annuelle de la Curie romaine au moment du Carême. Si le pape y descendra moins souvent qu’autrefois, à cause des difficultés qu’il a aujourd’hui pour se déplacer, c’est toutefois là qu’il pourra de temps en temps recevoir le matin pour sa messe privée des groupes plus importants que dans la petite chapelle de son appartement personnel. (apic/imed/pr)

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