« Il n’y a pas de chasse aux étrangers », assure le gouvernement
Dakar, 14 novembre 1999 (APIC) Au moins 500 personnes dont des femmes et des enfants ont trouvé refuges dans des églises de la région de Tabou, dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire, pour fuir les exactions de populations appartenant à l’ethnie des kromènes. Ces réfugiés sont constitués de ressortissants du Burkina-Faso, ainsi que des populations de l’ethnie baoulé à laquelle appartient le président Henri Konan Bédié.
Le meurtre de deux personnes lors d’incidents séparés, est à l’origine du courroux des kromènes. Armés de flèches, de manchettes et d’armes, ils sillonnent les camps de travailleurs saisonniers venus du Burkina-Faso voisins, pour exiger des baoulés qu’ils quittent le pays. Le gouvernement ivoirien a adopté depuis 1997 une loi controversée sur « l’ivoirité » qui vise à accorder la priorité aux nationaux dans l’occupation d’un poste de travail manuel ou d’emploi. Il a refusé d’admettre une « chasse aux étrangers ».
Depuis l’incident, le 9 novembre dernier, des milliers de burkinabé fuyant leurs camps affluent par centaines dans les églises et à la frontière entre la Côte-d’Ivoire et leur pays d’origine. En moyenne, six cars de transport public ramènent au Burkina-Faso, chaque jour, des centaines de populations chassées de Côte-d’Ivoire. Soit une estimation d’au moins deux mille personnes retournées au bercail, sans compter les enfants.
La ville de Banfora, à la frontère, est celle qui accueille en premier lieu ces populations. Malgré leur nombre élevé, le gouvernement du Burkina-Faso n’a mis en place aucune structure d’accueil et de prise en charge. La plupart des expulsés ont tout perdu. Leurs récoltes de cacao et leurs maisons ont été incendiés et leurs biens matériels, emportés. Selon des témoignages, des milliers de ressortissants burkinabé attendent de rentrer dans leur pays.
Le ministre de la Sécurité de Côte-d’Ivoire, Marcel Dibonan Koné, a déclaré qu’il n’y a pas de « chasse à l’étranger ». Selon lui, 35% de la population vivant sur le territoire national est étrangère. Il a cependant parlé d’inquiétude d’étrangers dans la région de Tabou. « Les gens ont peur. Ils s’en vont et on ne peut pas les en empêcher ». (apic/ibc/pr)
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