Sa force de conviction, ses hautes exigences de morale et sa subtilité politique, cachée parfois par sa bonhomie et une apparente naïvité, ont permis à Desmond Tutu, contre vents et marées, de mener l’exercice périlleux de la TRC en évitant que la corde ne se casse. Mgr Tutu a pousséé la recherche de la vérité jusqu`à la limite, et certains lui ont reproché d’être partial, voire de se livrer à une chasse aux sorcières. Il a pourtant résisté aux tentations d`aller trop loin, par ex. avec l’ancien président P. W. Botha, dont l’obstination était une provocation.
L’archevêque a réussi à mettre en présence victimes et auteurs de crime, dans la dignité. Il a été particulièrement déçu du manque de coopération de F. W. de Klerk, cité à plusieurs reprises devant la Commission, alors que le leader du Freedom Front, le Général Viljoen, a assumé ses responsabilités. La grande médiatisation des travaux de la TRC a provoqué des réactions hostiles. D’après un sondage à mi-juillet 98 , 74% des Indiens, 72% des Blancs et 62% des Métis et des Noirs pensent que la TRC a provoqué une dégradation des relations entre les races.
Mgr Tutu est conscient de ces critiques. Mais il est persuadé que la TRC, instance à la fois politique et morale, dont le principe a été accepté comme l’un des éléments du cmpromis de 1994, a suscité un débat public qui, à terme, peut conduire à une réconciliation durable. Selon lui, la voie de la vérité et de la transparence répond à une exigence éthique fondamentale et à une valeur psychologique (et même thérapeutique). Seule la clarté de la connaissance peut «guérir la Nation» – contrairement à la solution de l’oubli qui a été choisie dans d’autres pays. Le rapport final de la TRC a été présenté à Mandela à la fin octobre 98. La commission s’est réunie en juin 1999 pour statuer sur la suite à donner aux demandes d’amnistie encore en suspens. (apic/com/be)
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