Toujours à disposition des plus pauvres

France: Journée nationale du Secours Catholique, le 21 novembre 1999

Paris,

(APIC) Le Secours Catholique, Caritas France, célébrera le 21 novembre sa journée nationale. Pour la deuxième année consécutive l’œuvre d’entraide manifeste autour de son message: «La force du don». Le Secours Catholique désire également souligner les défis nouveaux: défi d’une ville humanisée et solidaire, défi d’un revenu et d’un emploi dignes pour tous, défi d’un équilibre écologique et environnemental respectant aussi les pauvres.

Cette année l’association veut mettre en évidence l’évolution qu’elle a pu constater dans ses accueils au cours des cinq dernières années. Les «Statistiques d’accueil 1998» font apparaître 715’000 situations de pauvreté touchant 1,5 million de personnes. 80% des personnes accueillies par les 106 délégations sur toute la France vivent au dessous de seuil de pauvreté. Plus de 10% n’ont aucune ressource. Leur revenu mensuel moyen est de 4’598 FF en milieu urbain et de 5’300 FF à la campagne.

Pourquoi de telles statistiques alors que la vocation des 4’192 équipes du Secours Catholique est de faire concrètement et inlassablement «rayonner la charité» sur le terrain? «Pour une raison simple, répond le président national Joël Thoraval, les coups de cœur et les élans spontanées de générosité ne suffisent pas. Pour être efficace la lutte contre l’exclusion et la précarité exige une connaissance précise des situations de pauvreté».

La densité du réseau territorial du Secours Catholique et le nombre élevé des personnes en difficultés qui y sont accueillies permettent de recenser annuellement et avec une fiabilité reconnue un nombre important de «situations» critiques. «Notre association peut ainsi régulièrement informer et alerter l’opinion publique, les médias et les organismes institutionnels» souligne le président.n80% des personnes accueillies en dessous du seuil de pauvreté

Au cours des cinq dernières années, si les profils des personnes en difficulté restent inchangés, leur situation, en revanche, évolue. Le Secours Catholique relève entre autres une hausse des bénéficiaires des transferts sociaux. Ces aides constituent une part importante des moyens financiers jusqu’à devenir une source croissante de revenu unique.

Selon les chiffres du Secours Catholique la proportion d’enfants vivant dans une famille monoparentale pauvre est passé de 40% en 1994 à 45% en 1998. Au niveau des âges l’accueil des moins de 40 ans diminue alors que celui des 40-59 ans augmente: le chômage étend donc ses ravages. Dans le domaine du logement 25% des personnes accueillies occupent un logement précaire: pour les plus défavorisés la crise du logement reste très aiguë.

«Par leur diversité et leur accumulation les chiffres incitent à passer du quantitatif au qualitatif et à remonter la chaîne des causes qui conduisent à la pauvreté. Plus que jamais, une course contre la montre est engagée pour ralentir le creusement de la spirale de pauvreté», explique Joël Thoraval. «Seule la «Force du don» permet à chacun d’apporter sa contribution à une lutte sans merci en faveur des plus pauvres, une lutte de tous les jours sans cesse recommencée».

Le travail ne protège plus de la pauvreté

Pour Serge Paugam, sociologue et directeur de recherche au CNRS, membre de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion, ces constats statistiques mettent en évidence que, pour des cas toujours plus nombreux, le travail ne protège plus de la pauvreté. Il ne suffit pas d’avoir un emploi pour échapper à la précarité. Aujourd’hui, des formes d’emploi qui ne garantissent donc ni un équilibre financier, ni un épanouissement individuel existent et se multiplient. Elles ne peuvent être que des motifs d’insatisfaction pour les personnes. «Cette souffrance-là reste souvent sous-estimée», estime Serge Paugman.

Impayés: le logement en première ligne

«Les impayés sont un indicateur significatif de durcissement de la pauvreté et de l’exclusion. Le Secours Catholique le constate quotidiennement». Gilbert Lagouanelle, directeur action en France et en Europe du Secours Catholique, est de l’avis que «les dettes de loyer, d’électricité et d’eau précarisent encore plus gravement les personnes qui sont sans ressource ou ayant de très faibles revenus».

Plus de quatre accueillis sur cinq sont en dessous du seuil pauvreté. Il est donc normal qu’ils soient dans l’incapacité de faire face aux échéances de charges afférentes à leur logement précaire. Cette proportion est encore accentuée en Ile-de-France et en Rhône-Alpes où plus de trois situations sur quatre sont dans ces conditions instables.

Le Secours Catholique n’a cessé depuis dix ans de revendiquer un droit à l’énergie pour tous. La loi de prévention et de lutte contre les exclusions fait progresser le droit. La mise en application doit maintenant aboutir concrètement et efficacement sans délai. (apic/com/tg)

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