La suggestion du gouvernement israélien fait des vagues

Jérusalem: La proposition israélienne d’intervention du Vatican au Saint Sépulcre rejetée

Jérusalem, 18 novembre (APIC) La proposition israélienne de faire intervenir le Vatican dans la querelle sur le percement d’une sortie de secours au Saint Sépulcre a été fermement rejetée par les milieux non catholiques à Jérusalem. L’Eglise catholique romaine n’est en effet que l’une des trois Eglises historiques à se partager la basilique qui abrite le tombeau du Christ. Leurs droits sur l’édifice datant des croisades sont fixés de façon très précise par le «statu quo» édicté par les ottomans au XIXème siècle.

La suggestion cavalière du Ministre israélien de la sécurité intérieure Shlomo Ben-Ami d’en appeler au pape Jean Paul II pour aider à trouver une entente entre les Eglises tendrait à montrer la méconnaissance de ce dossier sensible de la part de certaines autorités israéliennes.

Le gouvernement israélien fait discrètement pression depuis des mois pour que les Eglises chrétiennes acceptent le percement d’une porte de sécurité en vue de l’afflux en masse des pèlerins et touristes attendus pour les festivités du Grand Jubilé de l’an 2000. En cas d’incendie, d’attentat ou d’un autre incident grave, la foule massée dans la basilique n’a d’autre issue de secours que l’unique porte d’entrée, ce qui inquiète beaucoup les autorités israéliennes, qui occupent la partie arabe de Jérusalem.

Le patriarcat grec-orthodoxe premier concerné

Les Eglises propriétaires du site ont déjà en principe accepté une issue supplémentaire, mais elles ne se sont pas encore entendues sur l’endroit où elle devrait se situer. Les Eglises non catholiques estiment que la proposition de Shlomo Ben-Ami ne peut être que contre-productive du fait que l’Eglise catholique romaine n’est que l’une des communautés chrétiennes concernées, aux côtés de l’Eglise grecque-orthodoxe et l’Eglise arménienne-orthodoxe. Une demande d’intervention du Vatican ne peut que susciter l’animosité des Eglises orthodoxes, ont confié des responsables chrétiens jeudi au quotidien israélien «The Jerusalem Post». D’autant plus que c’est le patriarcat grec-orthodoxe qui bénéficie des droits les plus étendus sur la basilique, et non l’Eglise catholique.

Commentant la proposition des autorités israéliennes, le métropolite Timothée, secrétaire général du patriarcat grec-orthodoxe, s’est dit confiant qu’aucun ministre du gouvernement israélien ne mettrait en danger les droits de sa communauté. Il pense que l’Etat d’Israël va respecter le statu quo multiséculaire concernant les lieux saints, sa «Déclaration d’indépendance» (l’Etat d’Israël n’a pas de Constitution) contenant l’engagement de respecter les diverses communautés religieuses présentes dans le pays. Le gouvernement israélien a entre-temps fait marche arrière en précisant que son intention était d’en appeler non seulement au chef de l’Eglise catholique, mais également aux patriarches grec-orthodoxe et arménien-orthodoxe. (apic/jpost/be)

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