Colombie: Mort d’un prêtre colombien et d’un coopérant espagnol dans le Choco
Bogota, 23 novembre 1999 (APIC) Un prêtre colombien de 37 ans, le Père Jorge Luis Mazo Palacios, et un coopérant espagnol de 24 ans, Inigo Eguiluz Telleria, de Bilbao, ont trouvé la mort dans les eaux du Rio Atrato, dans le Département du Choco, au nord-ouest de la Colombie. Leur embarcation a été éperonnée par un bateau pirate, qui a disparu à toute vitesse. Les paramilitaires colombiens sont montrés du doigt, tandis que l’Union Internationale des Supérieurs Généraux a adressé lundi une lettre ouverte au président colombien Andres Pastrana.
L`Union des supérieurs religieux se dit «profondément préoccupée» par le fait qu’en Colombie de tels groupes paramilitaires puissent continuer à agir impunément et que rien ne soit entrepris afin que soient punis «leurs complices, dont des militaires et des représentants de l’Etat».
«Nous attendons de vous, comme président et autorité supérieure, que vous exigiez des autorités civiles et militaires l’ouverture urgente d’enquêtes, afin que les responsables de tels actes, qui préoccupent la communauté internationale, soient poursuivis selon la loi», peut-on lire dans la lettre ouverte signée par la «Commission Justice, Paix et Intégrité» de l’Union Internationale des Supérieurs Généraux.
Projet récompensé par la Commission Européenne
Les corps du Père Jorge Luis Mazo et d’Inigo Eguiluz, volontaire espagnol de l’organisation humanitaire Paz y Tercer Mundo (PTM), ont été retrouvés dimanche dans les eaux du fleuve Atrato par des pêcheurs et ramenés à l’évêché de Quibdo, capitale du département du Choco. Selon les témoins, un bateau pirate a foncé vendredi matin (heure d’Europe centrale) sur l’embarcation des 2 victimes – qui portait le signe PTM – , à bord de laquelle se trouvaient 8 autres personnes qui ont pu être repêchées saines et sauves. La vedette rapide, peinte en blanc, est utilisée par les paramilitaires du département depuis mai 1997. Elle aurait été volée à la coopérative de Murindo il y a deux ans et serait utilisée depuis pour des actions criminelles, rapporte l’agence missionnaire MISNA à Rome. Les paysans de l’Atrato ont vu la vedette vendredi transportant six hommes armés.
Dans le collimateur des groupes armés
PTM et le diocèse de Quibdo sont engagés dans un projet de développement et d’aide aux paysans déplacés, pour lequel ils ont reçu le Prix du Bureau des droits de l’homme de la Commission Européenne. L’ONG espagnole et le diocèse ne doutent pas qu’il s’agisse d’un attentat étant donné que ce qui s’est passé «n’est pas un fait isolé». Les membres de PTM et leurs collaborateurs du diocèse ont déjà été «victimes de toutes sortes de menaces, de persécutions et de mise en garde pour le simple fait qu’ils accompagnent les communautés paysannes qui résistent aux tentatives d’expulsion des paramilitaires». Le diocèse de Quibdo a dénoncé l’attentat à la justice colombienne et PTM devrait également entreprendre une démarche auprès des autorités judiciaires, «malgré l’impunité qui règne en Colombie».
Le jeune Espagnol s’était rendu en Colombie en juillet 1998 en tant qu’observateur avec la Commission d’enquête sur la tuerie de Barrancabermeja, où les paramilitaires ont massacré 33 civils. Il était retourné en Colombie le 20 juillet dernier pour travailler dans le Choco. (apic/misna/efe/be)
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