Allemagne: Les centres de consultation catholiques réorganisés en l’an 2000
Würzburg, 23 novembre 99 (APIC) Les évêques allemands vont réorganiser « selon les consignes du pape » les centres de consultation catholiques pour les femmes désirant avorter. Cette réorganisation se fera dans le courant de l’an 2000. Tel est le contenu d’une brève déclaration publiée mardi à Würzburg, à l’issue de la réunion du Conseil permanent de l’épiscopat. Pour les évêques, il s’agit notamment d’examiner si les centres catholiques pourront continuer à fonctionner même s’ils ne délivrent plus de certificat permettant d’avoir accès à un avortement dépénalisé. Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques, se dit déçu de la décision romaine.
La déclaration du Conseil permanent de l’épiscopat fait suite à une nouvelle lettre du pape datée du 20 novembre. « Nous les évêques, sommes unis sur le but de protéger la vie des enfants à naître. Nous nous sommes battus et nous nous battons pour trouver la meilleure voie à suivre pour la protection de la vie. Le pape nous a encouragés à poursuivre une activité de conseil intensive, mais avec la consigne de ne plus accorder de certificat de consultation ouvrant l’accès à un avortement dépénalisé. C’est pourquoi dans le courant de l’an 2000 nous réorganiserons les centres de conseil catholiques, selon les consignes du pape. »
Le message de l’épiscopat souligne également que la discussion va se poursuivre pour savoir si les centres catholiques pourront subsister même sans délivrer le fameux certificat. Les évêques diocésains auront en outre la possibilité de négocier avec les autorités des Länder des délais du retrait du système étatique.
Le pape donne une consigne claire: une solution unique
La déclaration de l’épiscopat reprend en fait presque mot pour mot le contenu de la lettre que le pape a adressé aux évêques allemands le 20 novembre en réponse au message transmis le 17 par les évêques en visite « ad limina » à Rome. Jean Paul II remercie une nouvelle fois les évêques pour leur clair témoignage en faveur de la protection de la vie, comme valeur humaine fondamentale. Le pape invite les évêques à exprimer en son nom sa reconnaissance pour le travail accompli dans les centres de consultations catholiques. Un travail qui doit être poursuivi et intensifié mais à la condition de ne plus délivrer de certificats qui impliquent les centres catholiques dans un système qui permet l’accès à l’avortement.
Le pape insiste en outre pour que les évêques optent pour une solution unique. Il serait très dommageable, dans une affaire si décisive, d’accepter qu’il y ait deux visions divergentes dans un même épiscopat.
Jean Paul II laisse cependant la porte entre-ouverte en admettant que la mise en oeuvre de la décision puisse demander un temps plus ou moins long selon les Länder et qu’on examine la possibilité de maintenir les centres catholiques sans délivrer de certificats. Le pape espère enfin que cette décision contribuera à détendre l’atmosphère parmi les catholiques allemands.
Mgr Karl Lehmann déçu
Le président de la Conférence des évêques, Mgr Karl Lehmann, n’a de son côté pas cherché à masquer sa déception. « Nous avons travaillé longtemps pour que cela marche, mais nous avons perdu ». A la question de la fin de la présence catholique dans le système de consultation étatique, Mgr Lehmann a remarqué que l’Eglise avait encore gagné un an pour négocier avec les Länder. Mais il ne voit pour l’instant pas de solution. L’évêque de Mayence ne croit guère en la possibilité d’une modification légale qui permettrait de considérer comme légalement valide les consultations catholiques même sans la délivrance d’un certificat.
Mgr Lehmann a par ailleurs exprimé son respect envers les fondateurs de l’association « Donum Vitae » (le don de la vie) qui vise à donner une nouvelle base juridique aux centres de consultation catholique. Mais avant d’envisager une telle solution, il faut clarifier la situation avec le Service social des femmes catholiques (SKF) et avec la Caritas.
Pour Mgr Johannes Dyba, évêque de Fulda, connu pour son intransigeance sur la question, il n’y a après cette décision ni vainqueurs, ni vaincus. Un bon échange a eu lieu et la décision est un premier pas dans la bonne direction. A propos de « Donum Vitae » le prélat indique n’avoir pas changé d’avis. Il avait suggéré il y a quelque temps que cette association s’appelle plutôt « Donum mortis »
Du côté politique, les représentants de divers partis ont également exprimé leur déception à propos de la sortie de l’Eglise du système étatique de consultation, parlant de coup dur pour les femmes et pour les relations Eglise Etat. Plusieurs ont invité les catholiques à créer des structures civiles capables de reprendre l’activité des centres catholiques. (apic/kna/mp)
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