Accusées de poser les bases de la division entre communautés

Nazareth: Le Vatican critique la décision des autorités israéliennes autorisant la mosquée

« J’estime que les autorités politiques portent, dans ce cas précis, une grande responsabilité, a-t-il ajouté, car au lieu de favoriser l’unité, elles fomentent les bases de la discorde ». Le Saint-Siège a par contre manifestement apprécié la « solidarité » manifestée par le Conseil Suprême Islamique. Le 21 novembre, le Conseil Suprême Islamique se déclarait opposé à la construction de ce lieu de culte à cet endroit. « Par cette prise de position, constate le Saint-Siège, le Conseil Suprême Islamique de Jérusalem a manifesté sa solidarité avec les autorités chrétiennes de Terre Sainte ».

Offre saoudienne repoussée

Le quotidien en langue arabe de Jérusalem « Al-Quds » révèle que le prince héritier Abdallah d’Arabie Saoudite a téléphoné au président de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat pour offrir de payer la construction d’une mosquée n’importe où à Nazareth, sauf sur le square près de la Basilique de l’Annonciation. Mais les efforts du président Arafat n’ont pas permis de résoudre la crise, les islamistes de Nazareth souhaitant poursuivre leur objectif jusqu’au bout et rejetant l’intervention de l’Autorité Palestinienne.

Les relations entre le Vatican et Israël, officielles depuis le 16 juin 1994, se tendent à quelques mois du voyage du pape en Terre Sainte, prévu fin mars 2000. Dans un communiqué signé par le porte-parole du Vatican le 23 novembre, jour de la pose de la première pierre de la mosquée contestée de Nazareth, le Saint-Siège exprime sa préoccupation quant à la décision du gouvernement israélien d’autoriser cette construction qui fait monter la tension entre chrétiens et musulmans.

La cérémonie de pose de la première pierre de la mosquée a eu lieu mardi en l’absence de représentants du gouvernement israélien et de l’Autorité palestinienne. Pour ne pas provoquer de graves incidents, qui mettraient en question le déroulement du Grand Jubilé et les manifestations de Nazareth 2000 – qui devraient attirer de nombreux pèlerins et touristes dans la ville où Jésus a passé son enfance – la mosquée ne devrait pas être érigée avant 2001. Elle doit être construite sur un terrain domanial de 700 m2 et dédiée à un héros musulman qui a combattu les croisés, Cheikh Shehab el-Din, le neveu du chef de guerre kurde Salah el-Din (Saladin), victorieux des troupes chrétiennes en Terre Sainte.

Mardi, tous les sanctuaires chrétiens – dont les plus importants lieux saints de la chrétienté, comme le saint Sépulcre, qui abrite le tombeau du Christ à Jérusalem-Est – en Israël (Nazareth), à Jérusalem et dans les territoires relevant de l’Autorité palestinienne (Bethléem) ont gardé portes closes pour la deuxième journée consécutive. Les lieux saints relevant du Patriarcat latin, du Patriarcat grec-orthodoxe, du Patriarcat arménien et de la Custodie franciscaine de Terre Sainte sont ainsi restés fermés lundi et mardi.

Visite du pape remise en question ? D’autres actions pourraient avoir lieu…

Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, a affirmé mardi à la presse à Jérusalem que d’autres actions pourraient avoir lieu, si la tension devait se poursuivre. La veille, il avait exprimé sa profonde déception face à l’attitude du gouvernement israélien, qui ne protège pas la minorité chrétienne. Le chef de l’Eglise latine n’a pas hésité à parler de « confiance ébranlée » àà l’égard des autorités israéliennes, rappelant que les incidents de Nazareth n’avaient au début qu’un caractère politique, et que personne ne veut une nouvelle mosquée à Nazareth, sauf un groupe de fondamentalistes islamiques. Mgr Sabbah a vivement reproché aux autorités israéliennes de ne pas utiliser l’arsenal légal existant pour protéger les chrétiens. Quand ces derniers ont été attaqués à Nazareth, lors des fêtes de Pâques, la police israélienne n’est intervenue qu’après quatre jours pour rétablir l’ordre.

Même s’il n’a pas directement remis en question la visite du pape prévue pour mars 2000, le patriarche latin a relevé que l’Eglise devra « travailler dur » pour rétablir la confiance de la population chrétienne de Nazareth, face à la querelle « provoquée par le gouvernement israélien ». Commentant la visite de Jean Paul II, il a souligné ne pas vouloir « donner des ordres au pape. Il choisira sa voie ». (apic/kna/imed/jpost/be)

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