La croissance doit profiter à l’emploi

Rome: Sommet sur l’emploi et la globalisation

Rome, 24 novembre 1999 (APIC) Comment rendre compatibles création d’emplois et globalisation? comment associer innovation technologique et développement des multinationales à la solidarité? Pour répondre à des questions particulièrement importantes pour l’avenir du monde, un sommet inédit a réuni à Rome des hommes politiques, entrepreneurs, financiers, syndicalistes et hommes d’Eglise.

La rencontre, qui s’est ouverte lundi et s’achève ce mercredi, est organisée par la Fondation Guilé, une institution suisse créée récemment pour offrir aux hommes et femmes qui ont une capacité de décision, un lieu de réflexion, de discernement et de soutien dans leur travail, à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise.

Des personnalités aussi diverses que Rodrigo Rato, vice-président du gouvernement espagnol, Rolph-E. Breuer, directeur de la Deutsche Bank, Jean-Loup Dherse, ancien vice-président de la Banque Mondiale, Carlos Slim Helù, l’un des plus grands entrepreneurs d’Amérique Latine, le cardinal Ernesto Rivera Carrera, archevêque de Mexico, ainsi que de nombreux autres hommes politiques, entrepreneurs, financiers, syndicalistes et hommes d’Eglise, ont participé à cette rencontre.

« La globalisation est une grande opportunité mais à mesure qu’elle avance elle provoque de nombreuses contradictions, spécialement pour les pays qui ont un fort taux de personnes âgées, où les dépenses sociales sont très élevées », explique Alois Löwenstein, entrepreneur et membre du comité de direction de la Fondation Guilé. « On ne pourra pas résoudre ces contradictions sans tenir compte des horizons éthiques indiqués par l’Eglise catholique. Si on ne respecte pas ces valeurs, les entrepreneurs ne pourront pas faire face au troisième millénaire. « 

Troisième voie

Pour le Français Jean-Loup Dherse, la solution aux problèmes posés par la globalisation n’est ni dans le marxisme ni dans le libéralisme sauvage, mais dans une troisième voie que les chefs de gouvernement doivent emprunter en faisant preuve d’une grande responsabilité. Le syndicaliste Alain Deleu, président de la Confédération des Travailleurs Chrétiens, souligne de son côté que la globalisation place devant le défi de garantir de grandes perspectives économiques sans pénaliser l’emploi; raison pour laquelle il est important d’introduire de nouvelles règles sociales à l’intérieur du système de production, des règles qui doivent être discutées dans des rencontres entre les entrepreneurs et les travailleurs.

Carlos Slim Helù insiste: la globalisation impose des changements substantiels dans la croissance de la richesse et il est important que cette richesse ne se concentre pas entre les mains de quelques-uns: l’emploi et les familles doivent pouvoir bénéficier de cette croissance.

Juan Rosell Lastortras, président de Fodere (Fédération européenne d’entrepreneurs), invite à la créativité et à la solidarité. « Ce n’est pas la première fois que le monde se trouve devant le phénomène de la mondialisation », rappelle-t-il. « Des tentatives de ce genre ont déjà été réalisées à l’époque de l’empire romain, de l’empire britannique ou de l’empire espagnol. Le problème le plus évident de la globalisation de ce nouveau millénaire est la relation entre la production de richesse et l’emploi. En Europe il existe 18 millions d’entreprises, 18 millions de chômeurs, et 18 millions d’immigrés. Le temps du vieux dictionnaire économique, fait de prix fixes, de monopoles, de travail fixe, de marché domestique, est bel et bien révolu », dit-il, « et le nouveau dictionnaire parle de prix ouverts, de qualité de produit, de coûts variables, d’impôts bas, de flexibilité. Mais le terme le plus important de ce nouveau dictionnaire, c’est la solidarité « , souligne Juan Rosell Lastortras. (apic/cip/tg)

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