Ouverture des 74e Semaines sociales de France
Paris, 24 novembre 1999 (APIC) La 74e édition des Semaines sociales de France réunira du 25 au 28 novembre près de 2’500 personnes sur le thème : « L’Evangile, les chrétiens et les enjeux de société. » Des intervenants de premier plan prendront la parole comme Andréa Ricardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio, Marcel Gauchet et Pierre Rosanvalon, sociologues, le jésuite Paul Valadier, ou Michel Camdessus, directeur général du Fonds monétaire international.
Cette 74e session sera à plusieurs « entrées ». Elle envisagera tant les fondements de l’action des chrétiens dans la cité que ses principaux enjeux pour le prochain siècle. Au programme 10 carrefours (« jeunes et responsables », « lieux d’église, lieux de rencontre », « pauvreté, précarité, quelle présence ? », etc.) et 14 conférences (« Eglise et société : pour un oecuménisme social », « Place du religieux dans les sociétés modernes », « Vivre humainement dans un capitalisme généralisé », etc.).
La première session des Semaines sociales de France eut lieu en 1904, à l’initiative de chrétiens qui voulaient populariser la pensée sociale de l’Eglise et la mettre en oeuvre, peu après la dénonciation de la misérable condition ouvrière par le pape Léon XIII dans son encyclique Rerum Novarum (1891). Entre les deux guerres, elles abordèrent des sujets liés aux problèmes sociaux mais aussi aux grandes questions du temps, notamment la paix et la démocratie. Après le deuxième conflit mondial, elles mirent l’accent sur les problématiques économiques et s’intéressèrent notamment au tiers-monde. La session qui connut la plus forte audience fut celle de 1964, avec 5400 participants.
Les années 70 sont celle du déclin, parallèlement à la perte d’influence du syndicalisme chrétien, de l’action catholique et des courants politiques liés à la démocratie chrétienne. Lieu de rassemblement et de mémoire, ouvertes à tous ceux qui sont sensibles au dialogue et à la recherche de sens, les Semaines sociales de France ont retrouvé à partir des années 80 sous la férule de Jean Gélamur puis de Jean Boissonnat, président en titre depuis 1995, une audience sans cesse élargie : 500 personnes à la session de 1987, 1’500 à 1’700 lors des dernières sessions 2’500 pour cette session exceptionnelle.
Leur impact ? Elle est difficile à appréhender. Chaque session fait l’objet d’un ouvrage, présenté au pape, dont Jean Boissonnat précise qu’ils ont « une certaine audience ». Et de souligner : « Nous sommes beaucoup sollicités en France et à l’étranger. Les gens qui nous rejoignent sont à 30 % des réguliers. Nous renforçons actuellement nos équipes par des implantations dans les régions au moyen d’antennes et par la publication chaque trimestre de « La Lettre des Semaines sociales », avec des réflexions sur les dossiers les plus importants concernant la question sociale. »
L’avenir ? Jean Boissonnat, journaliste économique dont les chroniques sont très appréciées pour leur clarté et leur profondeur, ancien collaborateur de la Banque de France chargé de la politique monétaire, dégage pour le siècle naissant quatre enjeux majeurs auxquels les Semaines sociales de France devront être attentives. Un : regarder en face le capitalisme, omniprésent, pour le critiquer quand c’est nécessaire et l’aménager. Deux : appréhender à la crise du lien social et sa reconstruction. Trois : veiller à ce que la personne retrouve toute sa place quand l’identité même de l’espèce humaine est touchée. Quatre : progresser plus vite dans la gestion collective des risques : conflits armés, environnement, lutte contre la corruption, drogue, banditisme international, organisation d’une justice plurinationale. (apic/jcn/mp)
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