Rome, 4 octobre 1999 (APIC) Le Synode pour l’Europe servira-t-il à quelque chose ? C’est ainsi que peuvent se résumer les questions posées par les journalistes aux évêques lors de la première conférence de presse sur l’Assemblée synodale pour l’Europe, donnée au Vatican samedi, le lendemain de son ouverture.
Le Synode permettra-t-il de faire progresser la collégialité des évêques, ou bien les décisions finales ne seront-elles prises que par le pape et la curie romaine ? Une telle assemblée est-elle utile ou bien n’est-elle que l’occasion d’analyses détaillées, mais sans conséquences, des problèmes de l’Eglise en Europe ? Quels seront concrètement les thèmes traités ? Telles étaient quelques-unes des questions posées lors de la conférence de presse.
Ce Synode est l’occasion d’un «examen de conscience» pour l’Eglise, qui doit sans cesse «se convertir», a répondu Mgr Ennio Antonelli, Secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne. Pas seulement l’Eglise en tant qu’institution, a précisé l’archevêque, mais les chrétiens qui sont à sa base, qui sont l’Eglise .
«Je comprends votre frustration…
«Je comprends votre frustration», a assuré pour sa part aux journalistes Mgr André Fort, évêque français de Perpignan. «Chaque évêque est libre de choisir le thème de son intervention», a-t-il précisé. «C’est pourquoi nous ne pouvons pas prévoir à l’avance ce que seront les débats «.
«L’Eglise du Christ en Europe et en France a porté des fruits remarquables dans la société», a ensuite expliqué Mgr Fort, en proposant une analyse personnelle du problème central du Synode. " Puis est venu un temps, au moment du siècle des Lumières, où des générations ont voulu cueillir ces fruits en les détachant de leur tronc vivant " a-t-il poursuivi. Citant en exemple les idéaux de la Révolution française de liberté, fraternité et égalité, l’évêque a affirmé que sans leur «racine chrétienne», ces idéaux deviennent vite décevants. La liberté risque de se transformer en anarchie et l’égalité en nivellement par le bas. Le travail de ce Synode est donc une réflexion sur la manière dont cette richesse doit être rattachée à sa source chrétienne», a conclu Mgr Fort pour les journalistes.
Annoncer le retour du Christ
Au cours de son intervention devant l’ensemble du Synode, l’évêque de Perpignan avait parlé par ailleurs d’une «trop grande discrétion» aujourd’hui dans l’affirmation par les chrétiens de leur espérance dans la vie éternelle. Dans le contexte actuel, il faut «témoigner plus explicitement «de l’attente du retour du Christ, a-t-il affirmé. Une idée qui est revenue à plusieurs reprises lors des interventions des Pères synodaux, au cours des premières Congrégations générales. Mgr François Garnier, évêque de Luçon, en France, a montré de son côté la nécessité de «se libérer d’une sorte de complexe chrétien». Mgr John Patrick Foley, président du Conseil pontifical pour les Communications sociales, a déploré une «réserve» et même un «embarras» chez beaucoup de catholiques européens quant il s’agit de parler de leur foi, en décrivant leur attitude comme celle «de quelqu’un qui considère la foi comme étant démodée et qu’il vaut mieux garder pour soi «.
Ce à quoi le Supérieur général de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, le Père Heinz Wilhelm Steckling, a proposé une solution très concrète. Il faudrait inviter en Europe des «spécialistes» de la mission venant des autres continents, a-t-il suggéré, non pas pour un simple soutien dans les difficultés, mais pour une première évangélisation effective du continent». (apic/imed/ba)
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