Paris: 30e anniversaire des Amis des monastères du tiers monde
Paris, 4 octobre 1999 (APIC) Quatre à six fondations par an, des vocations nombreuses, des communautés jeunes. Tel est le bilan de l’expansion de la vie monastique en Amérique latine, en Afrique, en Asie et en Océanie. Une santé prometteuse, malgré un enracinement encore récent et des difficultés liées à la rencontre des cultures. A l’occasion de son 30e anniversaire, l’Association les Amis des Monastères du Tiers-Monde (AMTM) invitait le public à découvrir cette réalité «
Cet anniversaire a donné l’occasion au père Marie-Bernard de Soos, osb, fondateur du monastère de l’Ascension de Dzogbegan, au Togo, de rappeler que c’est Pie XI qui, dans son encyclique Rerum Ecclesiae, a demandé aux moines de partir en pays de mission : il ne s’agissait plus d’être missionnaire, mais de vivre la vie contemplative en pays de mission. Jean-Paul II lui-même insiste beaucoup sur la fécondité apostolique comme don de Dieu dans la prière. Lancé dans les années 50, le mouvement de fondation de communautés contemplatives dans les pays du sud a connu un remarquable essor, avec un rythme annuel de 4 à 6 fondations par an. On en dénombre aujourd’hui 320 (voir encadré) contre seulement une dizaine de monastères au début du siècle.
Le plus remarquable est que les jeunes fondations elles-mêmes essaiment à leur tour, malgré leurs faibles moyens financiers. Au lieu d’une phalange de 20 moines, 4 ou 5 suffisent désormais pour fonder des communautés qui atteignent souvent rapidement une trentaine de membres. L’inculturation du monachisme, alpha et oméga de son implantation, ne s’en trouve que plus rapide.
Le père Marie-Bernard de Soos souligne le contraste entre la faiblesse numérique de ces communautés, à peine quelques unes par pays, et leur « extraordinaire rayonnement pastoral, notamment auprès des très nombreux hôtes qui viennent s’y ressourcer. Autre forme paradoxal de rayonnement : ces communautés influent sur les abbayes fondatrices. Celles-ci deviennent moins formalistes et solennelles, plus fraternelles, plus partageantes. Elles redécouvrent l’essentiel: revenir à la règle de Saint benoît comme chemin d’Evangile, dans une vie commune comme recherche de communion. »
Laboratoire d’une vie nouvelle
« En Afrique, les monastères sont des laboratoires pour une vie nouvelle », souligne de son côté le père Robert Malulawoe Yawo, osb, abbé du monastère de Dzobegan. De fait moines et moniales sont invités à vivre fraternellement par delà les liens de la famille et de l’ethnie, si prégnants sur ce continent : une petite révolution. « Les Africains peuvent-ils vivre le monachisme jusqu’au bout ? » A cette question qu’on lui pose invariablement, le jeune abbé du monastère de Dzobegan répond, confiant : « Prenons le temps d’attendre que plusieurs générations en aient fait l’expérience ». Il ne cache pas qu’il y a beaucoup plus d’appelés que d’élus. Une des raisons étant que « l’Afrique a le sens de la fécondité » et, donc, qu’elle comprend et accepte mal le célibat. Une difficulté qui n’en est plus une lorsque moines et moniales africain(e)s perçoivent qu’ils sont porteurs d’une fécondité d’une autre ampleur : la fécondité spirituelle. (apic/jcn/mp)
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