Une première guerre contre Mobutu a été menée par Laurent-Désiré Kabila de la fin 1996 à mai 1997, remportée grâce à l’aide décisive du Rwanda et de l’Ouganda. En raison des prétentions rwandaises, la guerre a repris en août 1998, mais cette fois-ci lancée contre Kabila par ses anciens « parrains » rwandais et ougandais. Ces derniers ont conquis tout l’Est du pays avec le concours de rebelles congolais anti-Kabila. La région de Bunia est désormais aux mains d’une armée d’occupation ougandaise, qui intègre également des éléments congolais issus des mouvements rebelles. Le chef du RDC, le Rassemblement congolais pour la démocratie, l’une des branches de la rébellion, le Prof. Ernest Wamba dia Wamba, doit d’ailleurs prendre ses quartiers à Bunia. En ville, le gouvernement est dirigé par des Congolais, mais la sécurité relève de l’armée ougandaise. L’Est du Congo est totalement coupé de l’Ouest, sous contrôle du gouvernement de Kabila. Il n’y a plus ni contacts ni échanges avec Kinshasa: c’est la rébellion qui dirige les régions conquises, d’où l’Etat central (Kinshasa) est totalement absent. Pour arriver à Bunia, le Prof. Bujo a dû passer par la capitale kenyane Nairobi et par Kampala, capitale de l’Ouganda. Il est en effet impossible de passer par Kinshasa pour se rendre dans la partie orientale du pays.
Une activité économique paralysée
Contrairement à ce que l’on rapporte, l’armée ougandaise est pour le moment disciplinée et ne rançonne pas les gens, il n’y a pas d’exactions de sa part, affirme l’abbé Bujo. Ce n’est pas le cas des éléments congolais, davantage portés sur le pillage et qui molestent souvent la population. Cette dernière, malgré l’occupation ougandaise, a préservé son sentiment national: elle n’utilise pas la monnaie ougandaise, mais trois sortes de monnaies nationales: l’ancien zaïre et le nouveau zaïre, utilisés du temps de Mobutu, et le franc congolais instauré par le président Kabila… Sans compter l’omniprésence du dollar, qui vaut aujourd’hui à peu près un million de zaïres, avec lesquels on peut acheter l’équivalent d’un pain!
Les gens ne gagnent plus rien, car Bunia est une région agricole. Les professeurs, les instituteurs et les moniteurs dans les écoles, ne sont plus payés. Déjà sous Mobutu et Kabila, ils ne recevaient pas de salaires, mais devaient se contenter pour vivre des écolages payés par les parents. Mais aujourd’hui, les gens n’ont plus rien, car le travail des champs s’est arrêté. (apic/be)
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