Synode pour l’Europe: La construction de l’Europe préoccupe les évêques
Rome, 5 octobre 1999 (APIC) Deux cardinaux réclament moins de bureaucratie et plus de souplesse dans l’Eglise. Cinq jours après l’ouverture de l’Assemblée du Synode des évêque pour l’Europe, un certain nombre de préoccupations pointent du côté de Rome, où les évêques réclament en outre de l’Eglise qu’elle participe à l’édification de l’unité du continent européen, et qu’elle aide à construire des sociétés plurielles
«Si la Vierge était présente dans la salle du Synode, elle dirait certainement aux évêques de ne pas obscurcir le visage de son Fils par leur bureaucratie», a en effet déclaré à Rome le cardinal allemand Joachim Meisner, archevêque de Cologne, au micro de Radio Renascença, une importante radio portugaise.
«Dans l’Eglise, nous avons besoin de moins de papiers et de plus d’espace pour les charismes», a poursuivi le cardinal Meisner, en insistant toutefois sur le fait qu’il ne parlait pas en tant que président délégué du Synode.
Il faut «donner un visage concret à une Eglise plus souple, moins préoccupée d’elle-même et de son efficacité pastorale, et plus soucieuse de proclamer Jésus et son Evangile», a pour sa part affirmé lundi aux Pères Synodaux le cardinal italien Dionigi Tettamanzi, archevêque de Gênes, lors d’une intervention particulièrement remarquée.
Soulignant «le caractère secondaire et subordonné de toute organisation ecclésiale, même importante «, le cardinal a insisté sur la nécessité d’une Eglise «prête à réformer ses structures» pour garantir le «primat de l’Evangile».
Intervenant à propos de l’Europe, l’archevêque de Besançon, Mgr Lucien Daloz, a de son côté relevé que le Synode doit exprimer son estime et son encouragement «à tous ceux – chrétiens ou non – qui se sont engagés avec courage dans la construction de Europe». Il est important, a-t-il insisté, de réaffirmer fortement la volonté de l’Eglise catholique d’apporter sa contribution, dans un esprit de service, à un effort commun de tous les Européens.
Voyant dans la construction de l’Europe le plus grand succès de l’action politique du XXe siècle, un autre évêque français, Mgr François Garnier (Luçon), a énuméré quelques domaines dans lesquels l’expérience de l’Eglise peut être utile, comme la répartition de la souveraineté entre régions, nations et Europe, l’ouverture à l’Europe de l’Est, l’aide aux pays en voie de développement, la défense de la dignité de toute vie, la promotion de la famille et de la doctrine sociale de l’Eglise. «Le Christ n’a pas fini d’être source d’espérance pour l’Europe, a-t-il conclu. A nous de tout faire pour rester proches de ceux et celles qui en assurent la construction politique».
Les migrants: une chance pour la catholicité
Pour Mgr Fernand Franck, archevêque de Luxembourg, le rôle de l’Eglise dans la construction de l’Europe est surtout de «contribuer au développement de sociétés pluriculturelles et plurireligieuses». La présence des migrants est «une chance pour la catholicité», a-t-il assuré. Pour lui, les Eglises d’Europe doivent s’efforcer de gérer la diversité des langues et traditions pour les accueillir et identifier des fonds communs et une complémentarité entre croyants d’une même foi et croyants de diverses religions.
Sur cette question de la pluralité religieuse, le cardinal Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a assuré que l’Eglise catholique est prête à rencontrer les fidèles des autres religions, en particulier les musulmans, en vue d’une «compréhension mutuelle, d’une harmonie et d’une collaboration pour le bien de l’humanité».
Toutefois, a-t-il précisé, la «courtoisie interreligieuse» ne doit «en aucun cas» empêcher les chrétiens de proclamer que c’est «seulement en Jésus-Christ» que l’homme peut trouver «la plénitude de la vie religieuse, la vérité et le salut», et «seulement dans l’Eglise que se trouvent les instruments du salut dans leur plénitude». Pour le cardinal Arinze, l’Eglise en Europe doit donc veiller à une meilleure préparation doctrinale des catholiques, qui ont souvent «une faible connaissance» de leur foi, tout en formant certains d’entre à la connaissance d’autres religions, avant tout de l’Islam, pour qu’ils puissent entrer en relations avec leurs fidèles.
Mgr William Kenney, évêque auxiliaire de Stockholm (Suède), a quant à lui exprimé la «préoccupation croissante» des évêques scandinaves face aux migrants en situation irrégulière – ils sont plusieurs millions. Mgr Kenney a suggéré qu’une conférence soit organisée à ce sujet, comme celle que le Saint-Siège a tenu à Munich en septembre 1994, et insisté pour que la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) se montrent «plus actifs sur ces questions». (apic/imed/pr)
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