Congo: Vers une crise ouverte entre le gouvernement et l’Eglise

Le pouvoir dénonce « l’hostilité » des évêques à son encontre

Dakar, 5 octobre 1999 (APIC) Les relations tendues entre le gouvernement du Congo Brazzaville et la hiérarchie de l’Eglise catholique locale pourrait bien déboucher sur une crise majeure. Aux évêques, qui réclament un cessez-le-feu des différentes parties en conflit armé dans le pays, le gouvernement répond en dénonçant « l’hostilité des évêques à son encontre ».

L’appel pacifique des évêques n’est guère apprécié par le gouvernement. Son porte-parole, Francois Ibovi, a critiqué lundi les évêques du pays qui, selon lui, sont « défavorables aux nouvelles autorités nationales ». Lors d’une conférence de presse, Ibovi a accusé « les Eglises ou les sectes » de travestir la réalité congolaise et de susciter « une certaine animosité contre le pouvoir ».

Ce même lundi, les évêques réitérait leur appel à un cessez-le-feu aux différentes parties en conflit armé dans le pays depuis août de l’année dernière, afin d’abréger, ont-ils insisté, les souffrances des populations. Ancienne colonie de la France en Afrique centrale, le Congo Brazzaville, limitrophe de la République démocratique du Congo, est déchirée par une lutte armée opposant depuis plus d’un an l’armée nationale à des miliciens de l’ancien régime déchu de Pascal Lissouba et de son Premier ministre, Bernard Kollela.

« Le coeur meurtri, les pasteurs que nous sommes viennent vous adresser cet appel urgent pour qu’un cessez-le-feu soit rapidement déclaré avant le 15 octobre », ont notamment indiqué les évêques dans leur appel. Ce cessez-le-feu, ajoute le texte, doit permettre aux organisations humanitaires de se rendre dans les grandes localités pour soulager en urgence les populations désespérées, et au dialogue de s’amorcer dans un climat de confiance ».

Dans la situation de détresse actuelle, ajoutent les prélats, chaque jour qui passe voit mourir des dizaines de personnes, pendant que plusieurs milliers d’autres restent sans secours et continuent d’errer dans les forêts du sud du pays. Les troubles du Congo Brazzaville ont lieu dans les régions de la Bouenza, de la Lekoumou, du Niari et du Pool, toutes situées aux sud-ouest du pays. Des milliers de personnes fuyant les combats, se sont réfugiées dans les forêts, abandonnant derrière elles leurs foyers et leurs biens. (apic/ibc/tg/pr)

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