« Les évêques et les théologiens ne se parlent qu’à eux-mêmes »
Rome, 11 octobre 1999 (APIC) Elfriede Hart, porte-parole du mouvement international « Nous sommes l’Eglise », présent dans 11 pays européens, a vertement critiqué lundi à Rome les participants du Synode pour l’Europe actuellement réunis au Vatican. « Les évêques et les théologiens ne se parlent qu’à eux-mêmes », a-t-elle déclaré, tout en regrettant que des membres de son mouvement n’aient pu être entendus. Tout cela prouve l’éloignement tragique de l’Eglise hiérarchique de sa base catholique ».
Le porte-parole de la section autrichienne « Nous sommes l’Eglise », Hubert Feichtlbauer, a déclaré de son côté que les mouvements laïcs de la base, ne veulent ni supprimer la fonction du pape ni renier celle des évêques, mais rendre plutôt leur service ecclésial plus humain. Il a demandé en outre la convocation d’un Concile dans lequel l’exercice légitime du pouvoir dans l’Eglise devrait pouvoir être discuté. Il a encore ajouté: « les mouvements de base dans l’Eglise catholique veulent que le Synode fonctionne comme organe de direction collégiale dans l’Eglise. De plus, la question du pouvoir à l’intérieur de l’Eglise doit être à nouveau examiné ». Selon Hubert Feichtlbauer, « aucune des exigences du mouvement ’Nous sommes l’Eglise’ n’enfreint le droit canon ou la doctrine sociale de l’Eglise ».
La position du cardinal Martini saluée
Herbert Feichtlbauer s’est enfin réjoui de la dernière intervention du cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, quand il a demandé au Synode « un mode d’exercice de la collégialité adapté à des problèmes précis qui permette régulièrement aux évêques de traiter ensemble de questions particulières ».
Dans un texte de cinq pages remis aux journalistes, les représentants de « Nous sommes l’Eglise » énumèrent les sujets sur lesquels ils souhaitent des réformes, à savoir « le droit aux diocésains le droit de choisir leur pasteur. Ils demandent aussi que l’on s’interroge sur l’interdit de la contraception, le refus de l’Eucharistie aux divorcés, le célibat obligatoire, le refus de la pleine égalité ministérielle pour les hommes et les femmes, le rejet du droit des homosexuels, l’interdiction de l’inter-communion entre frères et soeurs de différentes Eglises chrétiennes et le refus de réintégrer les prêtres mariés ».
Réponse de Mgr Marx
Interrogé lundi sur ces revendications, Mgr Reinhard Marx, évêque auxiliaire de Paderborn en Allemagne, a souligné lors d’une conférence de presse donnée au Vatican, que les problèmes exposés par le mouvement « Nous sommes l’Eglise » « ne sont pas les problèmes de tous » et n’ont pas été abordés de cette façon au cours de la première partie du synode des évêques. « La discussion à l’intérieur du Synode est pourtant ouverte, et il n’y a pas de censure », a-t-il affirmé. Quant à la demande de réforme des structures de l¹Eglise, elle touche effectivement à un « problème », a ajouté Mgr Marx, mais ili « n’est pas le problème central ». » Nous avons eu un grand témoignage de foi au cours de la première partie de ce Synode « , a-t-il ajouté. » Le problème est avant tout celui de la transmission de ce témoignage, et non pas celui de la hiérarchie et de la structure ecclésiale ». (apic/cic/ba)
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