Le représentant de l’Eglise roumaine demande pardon aux uniates

Rome: Synode des évêques pour l’Europe

Rome, 12 octobre 1999 (APIC) La demande de pardon présentée aux uniates par l’archevêque orthodoxe roumain Iosif, «délégué fraternel» au Synode des évêques pour l’Europe, a soulevé une véritable ovation dans les rangs des prélats réunis à Rome. Attendues depuis la renaissance, après 40 ans de clandestinité, des Eglises gréco-catholiques de Roumanie et d’Ukraine il y a dix ans, ces paroles ont eu un effet vraiment libérateur.

Sous les régimes communistes, les gréco-catholiques ou uniates furent persécutés avant d’être incorporés de force à l’Eglise orthodoxe. Après la chute du communisme, les Eglises uniates à nouveau reconnues ont réclamé avec vigueur la restitution des biens confisqués et attribués aux orthodoxes. De nombreux conflits ont surgi alors en Roumanie et en Ukraine allant jusqu’à jeter un sérieux froid sur les relations entre Rome et l’orthodoxie.

Après avoir rappelé la visite historique de JeanPaul II à Bucarest en mai dernier, l’archevêque Iosif, responsable du Patriarcat de Roumanie pour l’Europe occidentale, a fait remarquer que «l’unité de l’Eglise peut conduire l’homme à une authentique union qui dépasse tout type de différence culturelle, linguistique ou autre». «En tant qu’Eglise, en ce qui nous concerne, le plus grand signe d’amour pour l’homme d’aujourd’hui, pour l’Europe d’aujourd’hui, pour le monde, serait de retrouver l’unité de l’Eglise. Pour cela, nous avons tous besoin de nous pardonner mutuellement, de monter au calvaire du pardon pour entrevoir, par l’expérience, cette espérance dont le Seigneur est la source.»

La peur du dialogue

«Nous ne pouvons pas nous sentir satisfaits par les progrès réalisés dans le dialogue oecuménique», a remarqué de son côté le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens. Beaucoup sont convaincus que la séparation affaiblit le témoignage de foi commun, «mais le nombre de ceux qui n’en sont pas encore convaincus représente un obstacle sur la route de nouveaux progrès», a-t-il déclaré.

Le cardinal a demandé que «le dialogue de la vérité soit accompagné partout par le dialogue de l’amour», lequel a aussi besoin de vérité car «nous voulons offrir une contribution vraiment positive à la recherche de l’unité, et nous ne voulons pas engendrer la confusion». (apic/zn/mp)

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