Dimanche de la Mission universelle, le 24 octobre
Fribourg, 13 octobre 1999 (APIC) Nos chemins de tous les jours rejoignent-ils le chemin de Dieu? Telle est la question posée par le slogan choisi pour la célébration du dimanche de la Mission universelle, le 24 octobre: «Ton Chemin, nos chemins…» Missio OPM de Suisse invite cette année les catholiques à exprimer leur solidarité avec les chrétiens d’Haïti. Un pays qui selon les critères économiques et politiques habituels semble sans avenir mais dont l’espérance est forte.
Chaque année Missio OPM propose une étape dans une Eglise différente. Pour permettre aux chrétiens d’ici de découvrir d’autres manières de vivre l’Evangile et de partager la foi. Haïti est parmi les pays les plus pauvres du monde. Un pays sans matières premières, dévasté par l’érosion, à l’histoire chaotique teintée de violence endémique, au développement incertain. Missio OPM veut aller au-delà de ce sombre tableau. Dans sa lutte pour la survie, le peuple haïtien reste capable de donner des leçons d’espérance, estiment les responsables des OPM. «Notre peuple a le goût de vivre , il chante, il danse, il a de l’humour. Il n’y a pas de suicides chez nous, car il y a beaucoup de solidarité», témoigne Frère Léandre Destin, supérieur général des Petits Frères de Ste-Thérèse.
«Chèche lavi meyo» (Chercher une vie meilleure) cette expression créole est très courante en Haïti. N’est qu’un moyen de se voiler la face, que l’expression d’un certain fatalisme devant une situation trop difficile ? Pour le Père Damian Weber, directeur de Mission OPM, elle exprime plutôt la volonté de se mettre en route, de faire les premiers pas sur le chemin. Cette expression a souvent pour corollaire «si Bondye vle» (Si Dieu le veut). Il ne s’agit pas là non plus d’un voeu pieu mais de la conviction que Dieu chemine avec eux sur la route.
Selon Frère Léandre, «en Haïti, Dieu est premier, synonyme de vie, la vie sous toutes ses formes. Puis vient la relation. Entre les générations il n’y a pas de coupure et même avec les défunts. Nous partageons le peu de biens que nous avons, nous partageons notre pauvreté.»
Pour le religieux haïtien, l’Eglise c’est «l’ensemble des croyants, tous ceux qui vivent l’amitié de Dieu source de leur vie. Et qui sont en même temps source de vie pour les autres. De la vie matérielle comme de la vie spirituelle. C’est inséparable. La volonté de l’Eglise d’Haïti, c’est de mettre l’homme debout.»
«Dans des contextes sociaux fortement dominés par les logiques de pouvoir et de violence, la mission de l’Eglise est de témoigner de l’amour de Dieu et de la force de l’Evangile, qui détruisent la haine et la vengeance, l’égoïsme et l’indifférence. […] La communauté chrétienne est appelé à coopérer au développement et à la paix par des oeuvres de promotion humaine, par des institutions caritatives d’éducation et de formation au service des jeunes, par la dénonciation constante des oppressions et des injustices de tout genre», rappelle de son côté le pape Jean Paul II dans son message pour le dimanche de la Mission universelle.
Aux Suisses, Frère Léandre ne demande pas de la pitié, mais de la vraie compassion comme le Père qui va à la rencontre du Fils. «La solidarité n’est pas le résultat d’une étude chiffrable, elle n’est pas d’abord une affaire d’argent, mais un regard qui respecte, qui échange, qui sait aussi demander et reconnaître les richesses du plus pauvre.» (apic/com/mp)
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