«L’Osservatore Romano» réagit au livre de Cornwell sur Pie XII

Les approximations fantaisistes de l’auteur

Rome, 14 octobre 1999 (APIC) «L’Osservatore Romano» revient sur l’affaire du livre de Cornwell sur Pie XII, un livre qui fait couler pas mal d’encre depuis sa parution. Sur un ton élégant, mais ferme et précis, le quotidien du Saint-Siège, a publié mercredi plusieurs mises au point sur certaines affirmations – fantaisistes – contenues dans les écrits du journaliste britannique, auteur du livre «Le Pape d’Hitler: l’histoire secrète de Pie XII».

Sous le titre «Une précision obligéé concernant un livre qui vient de paraître», «L’Osservatore Romano», accuse le journaliste britannique de manquer de professionnalisme, de transgresser la vérité. Son livre, écrit en substance le quotidien du Vatican, manque de crédibilité scientifique sur laquelle est pourtant censé reposer son ouvrage.

L’affirmation selon laquelle l’auteur affirme avoir été le seul à avoir accès aux archives est complètement fausse, rapporte en outre «L’Osservatore Romano». De nombreuses personnes y ont accédé, avant lui. Les recherches de M. Cornwell, insiste le quotidien du Vatican, se sont limitées à deux séries de documents: la Bavière (1918-1921), l’Autriche (Serbie, Belgrade: 1913-1915). Il est évident que ni l’auteur de ce livre, ni personne d’autre n’ont encore eu accès aux documents concernant une période qui n’est pas encore ouverte au public (depuis 1922).

Autre approximation. Cornwell a déclaré avoir travaillé pendant des mois dans les archives citées. «Cette affirmation n’est pas exacte non plus. Dans ces arhives, on note avec soin des indications précises concernant le jour et le temps (heures et minutes) de visite de chaque personne. M. Cornwell fut admis dans les archives du 12 mai au 12 juin 1997, soit pendant une période d’environ trois semaines», rectifie encore le quotidien. Avant de préciser: «Et pendant cette période, il ne s’est pas présenté tous les jours et sa permanence a souvent été très brève».

Cornwell affirmé encore que les documents trouvés par lui avaient été gardés secrets jusqu’au moment de son enquête. L’auteur se réfère notamment à une lettre envoyée le 18 avril 1919 par le nonce de Bavière, l’archevêque Pacelli, à la Secrétairerie d’Etat. Il ajoute que cette lettre était restée secrète dans les archives du Vatican comme une «bombe à retardement». Pour le quotidien, cette lettre, en réalité, (dont Cornwell ne cite que quelques phrases hors contexte), avait déjà été publiée en 1992 dans le livre de E. Fattorini «Germania e Santa Sede. Le nunziature di Pacelli tra la Grande guerra e la Repubblica di Weimar». (apic/zn/tg/pr)

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