La visite du pape à Tbilissi pose problèmes aux orthodoxes

Géorgie: Le pape accueilli comme chef d’Etat, mais pas comme responsable de l’Eglise

Tbilissi, 14 octobre 1999 (APIC) La visite du pape en Géorgie, la seconde dans un pays à majorité orthodoxe, après la Roumanie, ne s’annonce sans doute pas sous les meilleures jours. Et le succès de sa visite en Roumanie risque fort de ne pas se répéter en Géorgie, un pays aujourd’hui préoccupé par les élections du 31 octobre, mais aussi et surtout par le développement des tensions à ses frontières.

La visite que le pape Jean Paul II effectuera les 8 et 9 novembre en Géorgie soulève des problèmes au sein de l’Eglise orthodoxe de ce pays. Celle-ci se déclare disposée à accueillir le pape comme un chef d’Etat. Mais non à prier avec le responsable de l’Eglise catholique romaine. La visite ne s’annonce sans doute pas sous les meilleures jours. Et le succès de la visite du pape en Roumanie risque fort de ne pas se répéter en Géorgie.

Après une visite en Inde, où il présentera le document contenant les résultats des travaux du Synode pour l’Asie, tenu au Vatican en 1998, le pape se rendra le 8 novembre à Tbilissi, capitale de la Géorgie, une ancienne république soviétique, indépendante depuis 1991.

Huit mois après la Roumanie, en mai dernier, la Géorgie est le second pays à majorité orthodoxe que visite Jean Paul II. Le pays compte 5,3 millions d’habitants, orthodoxes à 80%. On y trouve en outre une forte communauté musulmane, ainsi que des minorités catholique, baptiste, juive, luthérienne, et d’autres religions.

Selon l’archevêque Jobi Akiashvili, du patriarcat orthodoxe de Surami, en Géorgie centrale, « l’Eglise orthodoxe géorgienne, toujours hospitalière, recevra le pape comme chef d’Etat, en tant que souverain de la Cité du Vatican. Mais notre patriarche-catholicos, Ilia II, ne priera pas avec le pape, chef de l’Eglise catholique, dans la cathédrale de Mtskheta ».

Le pape devrait néanmoins rencontrer le patriarche Ilia II et les membres du Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe géorgienne avant de se rendre à la cathédrale, siège de « l’Eglise mère ». Selon le programme le pape et le patriarche devraient allumer des cierges, mais il n’est pas prévu qu’ils récitent ensemble, publiquement, des prières.

Le 9 novembre, Jean Paul II célébrera la messe pour les catholiques géorgiens, avant de rendre visite au président Edouard Chevardnadzé, et de rencontrer des représentants des milieux scientifiques et culturels.

Les inacceptables dogmes

« Nous ne pouvons oublier que l’Eglise catholique a proclamé des dogmes – de l’Immaculée Conception (1854); de l’infaillibilité pontificale (1870); et de l’Assomption (1950) – qu’en tant qu’orthodoxes, nous ne pouvons accepter », a déclaré l’archevêque Jobi.

L’archevêque orthodoxe a encore soutenu que la visite du pape à Bucarest (en mai 1999) avait provoqué certaines tensions au sein de l’Eglise orthodoxe roumaine. Selon lui, « un certain nombre de fidèles avaient protesté parce que le pape Jean Paul II et le patriarche roumain Teoctist avaient prié ensemble ».

A Bucarest, Jean Paul II avait assisté à la liturgie solennelle orthodoxe célébrée par le patriarche Teoctist, alors que celui-ci avait assisté à la messe célébrée par le pape, où les responsables des deux Eglises avaient là aussi prié ensemble.

Pour l’archevêque Jobi, l’Eglise orthodoxe géorgienne a bien fait de se retirer du Conseil oecuménique des Eglises (COE). A ses yeux, cette organisation est « contrôlée par des protestants qui font des choix – comme celui de l’ordination des femmes – contraires à la tradition orthodoxe ».

D’autres préoccupations pour les Géorgiens

Le 31 octobre, des élections auront lieu pour renouveler le parlement. Aujourd’hui, c’est cet événement, et non la visite du pape Jean Paul II, qui fait la une des journaux géorgiens. Parmi les problèmes les plus débattus figurent la situation politique confuse, tendue et violente du Caucase (Daghestan et Tchétchénie, sans parler des problèmes actuels en Abkhazie) et la crise sociale et économique du pays. (apic/eni/tg/pr)

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