Les menaces de mort font fuir témoins et enquêteurs

Assassinat de Mgr Gerardi au Guatemala: le Père Orantes quitte à son tour le pays

Guatemala Ciudad, 15 octobre 1999 (APIC) Le Père Mario Orantes, soupçonné dans un premier temps du meurtre de Mgr José Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala City, assassiné le 26 avril 1998, a quitté le Guatemala. Sous le coup de menaces de mort, le Père Orantes a préféré rejoindre les Etats-Unis. Il avait été arrêté, puis relâché après une dizaine de mois d’emprisonnement. Il est la cinquième personne a quitter le pays pour fuir les menaces de mort.

En fin de semaine dernière, le procureur Galindo, chargé d’enquêter sur l’assassinat de Mgr Gerardi dans lequel l’armée est fortement impliquée, avait choisi de démissionner et de s’exiler aux Etats-Unis pour fuir les nombreuses menaces de morts dont il était l’objet.

L’avocat du Père Orantes, José Toledo, a expliqué que le prêtre a rejoint les Etats Unis pour consultations médicales et d’un état de santé plus que précaire à la suite de son incarcération. L’avocat a ajouté que le prêtre reçoit depuis des mois des menaces de mort au téléphone et qu’’il est extrêmement éprouvé par les accusations `totalement infondées’ à son encontre. Il a également assuré que son client rentrerait dès qu’il sera cité à comparaître par les autorités compétentes.

La nouvelle du départ du père Orantes a suscité une grande émotion et de vives préoccupations au sein de la société civile du Guatemala. Ce dernier est la cinquième personne a quitter le pays affirmant recevoir des menaces de mort à la suite de l’assassinat de Mgr Gerardi.

Un des témoins clés, Jorge Diego Mendez Prussina, chauffeur de taxi ayant déclaré avoir vu une voiture avec une plaque militaire près de la maison de Mgr Gerardi le jour de l’homicide, a fui au Canada le 25 février dernier. Le juge Henry Monroy avait décidé lui aussi de fuir au Canada le 23 mars dernier après avoir reçu des menaces de mort. Enfin, jeudi dernier, ce fut au tour du Procureur Celvin Galindo d’abandonner le Guatemala, comme son prédécesseur Otto Ardòn.

Mgr Gerardi avait été tué dans son garage d’un coup de bloc de ciment sur la têêe. 48 heures avant d’être tué, l’évêque avait présenté un rapport intitulé «Guatemala, jamais plus», assurant que sur les 5’092 massacres perpétrés durant la guerre civile, 90% devaient être imputés à l’armée et 10% à la guérilla. Mgr Gerardi disposait de plus des noms des officiers responsables de ces crimes. (apic/ag/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/assassinat-de-mgr-gerardi-au-guatemala-le-pere-orantes-quitte-a-son-tour-le-pays/