Grèce : L’archevêque catholique d’Athènes ne croit pas à une visite du pape en Grèce
Rome, 17 octobre 1999 (APIC) Mgr Nikolaos Foscolos, archevêque d’Athènes et président de la Conférence épiscopale catholique de Grèce, n’est pas optimiste sur une visite de Jean Paul II dans son pays. Membre du Synode des évêques pour l’Europe, il vient de déclarer à Rome que « le projet de voyage du pape en Grèce reste, pour le moment du moins, un beau rêve ».
Le souhait du pape de se rendre à Athènes, où saint Paul avait prononcé un discours devant l’Aréopage, est à l’ordre de la prochaine assemblée plénière de l’Eglise orthodoxe de Grèce, qui se tiendra encore avant la fin du mois. Mais les orthodoxes sont farouchement opposés à une telle visite. Dans une lettre adressée aux ambassadeurs accrédités à Athènes, le Saint-Synode n’y va pas par quatre chemins: Il dénonce comme motifs de son refus « les tendances impérialistes du pape vis à vis des autres chrétiens et la stratégie du Vatican s’infiltrant dans les régions orthodoxes via les Eglises catholiques de rite oriental ».
« On a beaucoup parlé en Grèce du souhait du pape de visiter notre pays. Et ceci surtout depuis la publication le 30 juin 1999 de sa ’Lettre sur le pèlerinage aux lieux qui sont liés à l’histoire du salut’. Les réponses venues du monde orthodoxe ont été très pénibles pour nous catholiques », explique Mgr Foscolos.
« Qu’il se fasse d’abord orthodoxe! »
La première réaction négative est venue des moines du Mont Athos : « Ils ont écrit une lettre affirmant qu’ils accepteront le pape « à condition qu’il devienne orthodoxe, qu’il renonce à sa primauté et à son infaillibilité, qu’il fasse pénitence et demande pardon pour la IVe Croisade »…
La presse grecque, puis les évêques orthodoxes ont pris le relais. « Ils ont concédé que le pape pouvait venir s’il se contentait de visiter les catholiques et uniquement comme chef d’Etat », comme l’a fait savoir le gouvernement grec. Mais les orthodoxes ne peuvent pas l’accepter comme un « chef religieux », explique encore Mgr Foscolos, rappelant « que cela fait 20 ans que le pape n’est pas désiré en Grèce ». Le Saint-Synode avait déjà déclaré que le pape ne pouvait pas « souiller le sol grec », ajoute-t-il. « Et cette phrase malheureuse a été répétée cet été ».
« L’Eglise catholique grecque n’a pas vraiment de relations avec l’Eglise orthodoxe. Un Grec ne peut être qu’orthodoxe, c’est dans la mentalité générale du pays, position alimentée par les évêques orthodoxes », déplore l’archevêque catholique d’Athènes. Le Saint-Synode est d’ailleurs réticent à l’idée d’une rencontre oecuménique des chefs des Eglises chrétiennes à l’occasion de l’an 2000. « Jean Paul II en a exprimé le souhait il y a trois mois dans une autre lettre adressée cette fois à tous les chefs des Eglises orthodoxes, relève Mgr Foscolos. Le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, a entrepris un sondage parmi les orthodoxes en vue de donner une réponse au pape.
Reçu récemment à déjeuner par Jean Paul II, l’archevêque d’Athènes a abordé ces questions avec le pape. « Je lui ai dit qu’il y a peu de chance que cette visite puisse se réaliser, raconte-t-il. Le pape m’a alors répondu: « Il faut espérer contre toute espérance ! » (apic/cip/imed/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse