Sierra Leone: Le leader rebelle Koroma affirme avoir sauvé Mgr Biguzzi, kidnappé
Freetown, 19 octobre 1999 (APIC) Le major John Paul Koroma, l’un des chefs de guerre qui ont mis le Sierra Leone à feu et à sang, a décliné toute responsabilité dans l’enlèvement par des hommes armés vendredi de l’évêque de Makeni, Mgr Giorgio Biguzzi, et de ses collaborateurs. Le leader de l’ex-junte militaire sierra léonaise affirme que l’évêque missionnaire xavérien – libéré lundi sain et sauf – a été sauvé par ses hommes.
Mgr Biguzzi, un évêque missionnaire italien, avait disparu vendredi dernier en compagnie de 15 collaborateurs, parmi lesquels 2 prêtres et des membres d’organisations humanitaires. Les membres du groupe kidnappés vendredi sont tous sains et sauf, a déclaré à l’agence de presse missionnaire romaine MISNA le Père Antonio Guitto, supérieur général des missionnaires xavériens en Sierra Leone. Mgr Biguzzi se trouve actuellement à Bumbuna, localité située à 40 km de Makeni. Les rescapés sont attendus incessamment dans la capitale Freetown.
Une guerre atroce et sauvage
Pendant ce temps, les Etats-Unis ont annoncé vouloir mettre sur pied une nouvelle force de maintien de la paix des Nations Unies forte de 6’000 hommes pour superviser le désarmement des 45’000 combattants qui ont participé à la guerre civile qui a ravagé le Sierra Leone jusqu’à l’accord de paix de juillet dernier. Cette guerre interminable, financée par l’extraction illégale de diamants, a été particulièrement atroce et sauvage, laissant derrière elle des milliers de civils mutilés volontairement par les rebelles. La plupart des soldats de la paix devraient provenir des pays d’Afrique occidentale, dirigés par le Nigeria, sous le commandement des Nations Unies.
La secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, de passage en Sierra Leone à l’occasion de sa tournée africaine de six jours, devait faire pression sur les factions récemment encore en guerre pour accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix. Les organisations de défense des droits de l’homme ont demandé à Madeleine Albright d’interpeller les rebelles à propos des atrocités commises durant les neuf années de guerre civile.
Deux poids, deux mesures: pour les Etats-Unis, la Sierra Leone n’est pas le Kosovo
Les organisations de défense des droits de l’homme réclament la création d’une Commission de Vérité comme en Afrique du Sud et critiquent le soutien que les Etats-Unis apportent à un traité de paix incluant une amnistie pour les responsables de milliers de meurtres, viols et mutilations commis contre les civils. L’organisation « Human Rights Watch » a déploré que les Etats-Unis n’aient pas recherché la justice pour les victimes de la guerre en Sierra Leone avec la même vigueur qu’au Kosovo. (apic/misna/bbc/be)
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