Faire confiance aux grandes intuitions
Rome, 20 octobre 1999 (APIC) Pour Mgr Paul Schruers, évêque belge d’Hasselt, la synthèse des travaux du Synode pour l’Europe qui doit se conclure le 23 octobre 1999 au Vatican risque de «manquer de souffle».
«Les propositions qui seront soumises au Pape seront sûrement très valables, mais risquent de manquer de souffle et de perspectives», a-t-il expliqué le 20 octobre. «Dans l’histoire de l’Eglise, on n’a jamais sauvé la situation par des synthèses», fait remarquer l’évêque belge. Il a plutôt confiance dans de grandes intuitions comme celle de saint Philippe Néri au XVIème siècle, qui voulait servir les pauvres et vivre de la Parole de Dieu. «Ce n’était pas le fruit d’une réponse préfabriquée mais de l’expérience de toute une vie» s’exclame Mgr Schruers.
D’après l’évêque d’Hasselt, des expériences semblables commencent à se vérifier ici et là en Europe et sont les signes d’une vie nouvelle qui commence à se développer». Mgr Schruers évoque notamment la proximité des pauvres de l’évêque de Saint-Denis en France, les jeunes qui prient ensemble dans le cadre de la communauté de Taizé, et les expériences des nouveaux mouvements très présents dans les structures de la société moderne. «Les évêques ont reconnu que ces mouvements ont fait un effort pour se rencontrer entre eux, et que leur esprit de compétition commence à disparaître, mais ils ont insisté sur le fait que les membres de ces mouvements doivent s’insérer dans les paroisses et dans la pastorale des diocèses».
L’évêque belge espère donc que des intuitions profondes apparues au cours du Synode pourront avoir des échos, comme celle de l’évêque de Rotterdam. Le 5 octobre 1999, Mgr Van Luyn a lancé un appel pour valoriser la vertu de tempérance, dans la société occidentale. «Nous ne pouvons être crédibles que si nous-mêmes, nous nous astreignons continuellement à un examen de conscience sincère sur le logement, les moyens, la table, les loisirs, les vacances, etc», a-t-il déclaré aux évêques.
Pour l’évêque d’Hasselt, un tel sujet aurait pu être développé davantage, comme celui de la transmission de la foi aux jeunes, par exemple au sein des groupes thématiques. Mgr Schruers regrette également que le Synode n’ait pas invité des spécialistes sur des questions comme la construction de l’Europe ou la globalisation de l’économie, pour donner aux évêques une vision plus globale des problèmes que cela pose, dont celui du chômage.
L’évêque belge se montre satisfait du climat général de ces trois semaines. «Il y a eu une grande recherche fraternelle et un travail sérieux, parfois nocturne, pour essayer de rassembler des intuitions venant de personnes d’horizons et de contextes très différents». Pour Mgr Schruers, une des grandes richesses du Synode a été de pouvoir faire connaissance avec de nombreux évêques. «J’allais vers ceux qui étaient seuls au moment des pauses», raconte-t-il, «car je sais que souvent sur les colliers, les perles isolées sont les plus précieuses». «De telles rencontres ont créé une collégialité affective entre les évêques», conclut-il. (apic/imed/tg)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse