Deux poids deux mesures selon les pays: en fonction des intérêts?

La Chine pourrait devenir la cible de la nouvelle loi des Etats-Unis sur la liberté religieuse

New York, 24 octobre 1999 (APIC) Le Département d’Etat des Etats-Unis a dressé une liste de cinq pays qui, à ses yeux, enfreignent la liberté religieuse. Il se pourrait cependant que seul l’un d’entre eux, la Chine, fasse l’objet de sanctions. Plusieurs pays sont mentionnés, à l’exception de l’Arabie Saoudite, intérêt oblige… Deux poids deux mesures?

Les cinq pays: la Chine, l’Iran, l’Irak, le Myanmar et le Soudan sont les premiers à être désignés dans le cadre de la nouvelle loi des Etats-Unis sur la liberté religieuse, promulguée par le président Clinton l’an dernier, qui demande que des sanctions soient prises contre les nations commettant de «graves violations de la liberté religieuse».

Madeleine Albright, secrétaire d’Etat, doit encore décider des sanctions, qui pourraient aller du blâme diplomatique officiel à la suspension d’assistance économique. D’autres pays ont été désignés comme auteurs de «violations graves»: la Serbie et le mouvement taliban en Afghanistan, mais, selon le Département d’Etat, aucun d’entre eux n’est un Etat souverain.

Reste que les Etats-Unis ne sont pas dans une position pratique de prendre des mesures contre la plupart des pays et territoires désignés, car ils n’ont pas de relations officielles avec l’Iran, l’Irak, la Serbie ou le mouvement taliban, et leurs relations avec le Myanmar et le Soudan sont très réduites. La nouvelle loi ne prévoit rien pour de telles situations.

Des sanctions pourraient être imposées contre la Chine, mais il n’est pas du tout certain que des sanctions sévères soient appliquées. L’administration Clinton a dans le passé critiqué la situation des droits de la personne en Chine, mais elle a fait grand cas des relations diplomatiques et économiques avec la Chine.

Le 6 octobre dernier, Robert Seiple, ambassadeur itinérant pour la liberté religieuse, a déclaré devant la Chambre des représentants à Washington que la pratique religieuse en Chine était beaucoup plus répandue qu’il y a trente ans et que «des millions d’adhérents en de nombreuses régions de Chine – entre autres des bouddhistes et des musulmans, des catholiques et des protestants appartenant aux Eglises chrétiennes chinoises ’officielles’ – pratiquent leur religion sans que le gouvernement n’intervienne beaucoup».

Cependant, l’ambassadeur Seiple a évoqué des «problèmes sérieux et importants» en Chine, entre autres les conditions d’enregistrement imposées par l’Etat aux catholiques et aux protestants; le harcèlement et l’arrestation de membres du clergé protestant et catholique; et la disparition de l’évêque Su Zhimin, de l’Eglise catholique «clandestine» dans la province de Hebei. Il a aussi cité les interdictions empêchant les bouddhistes tibétains d’afficher leur loyauté à leur leader, le Dalai Lama.

Dans le rapport du Département d’Etat, l’on peut citer, entre autres: l’Iran a été critiqué pour son action contre ceux qui pratiquent la foi bahai»e; l’Irak a été cité pour les violations des droits de la personne – les arrestations et les meurtres, contre les musulmans chiites; le Myanmar, cité pour l’exécution de moines bouddhistes; le Soudan, accusé pour la campagne officielle menée contre les animistes et les chrétiens refusant de se convertir à l’islam; les talibans, en Afghanistan, ont été accusés de violations répétées des droits de la personne contre ceux qui s’opposent à leur politique; la Serbie, citée pour les meurtres, tortures, viols et l’émigration forcée d’Albanais Kosovars, qui sont majoritairement musulmans. Rien, en revanche, n’est dit sur l’Arabie Saoudite – intérêt oblige – où des chrétiens se retrouvent en raison pour le simple fait de porter une croix à son cou. (apic/eni/pr)

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