Lausanne: Sommet ministériel de l’Organisation mondiale du commerce

Félix Moser : Les croyants non pratiquants, Genève 1999, 2e édition revue et corrigée, Labor & Fides

Pas de négociations sans les plus pauvres

Lausanne,

(APIC) Le sommet ministériel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a débuté le 25 octobre à Lausanne. A l’initiative de la Suisse, 25 pays membres de l’OMC se sont retrouvés le 25 et 26 octobre à l’hôtel Beau-Rivage pour tenter de réduire leurs divergences sur les thèmes qui seront lancés par le «Millenium Round». La Communauté de travail Swissaid/Action de câreme/Pain pour le prochain/Helvetas/Caritas regrette que les pays représentées soient comme toujours les mêmes, c’est-à-dire les plus influents du point de vue commercial et économique. Une fois de plus, le risque est grand de voir les pays pauvres être les absents lors des négociations à l’OMC et les perdants dans les échanges commerciaux.

Les quelques pays en développement présents à Lausanne font partie des plus développés d’entre eux, tels que le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Inde ainsi que les tigres asiatiques. Rappelons que sur les 134 pays membres de l’OMC, près de 3/4 sont des pays pauvres. Cinq ans après la création de l’OMC, rien ne permet d’affirmer que de nouvelles négociations, telles que celles portant sur les investissements tant réclamées pas la Suisse et l’Union européenne, vont améliorer, le sort des populations défavorisées du Sud. Aucune évaluation détaillée n’a été entreprise pour connaître les conséquences économique, sociales et environnementales de la libéralisation commerciale sur les pays en développement, souligne la Communauté de travail.

Le dernier rapport du PNUD sur le développement humain démontre même que l’écart entre les pays riches et les pays pauvres s’accentue. Et selon la CNUCED, les pays riches ont davantage augmenté leurs exportations que les pays pauvres. Alors que les 48 pays les moins avancés représentent plus de 10% de la population mondiale, ils participent pour moins de 1% au commerce mondial. Même le secrétaire général de l’OCDE, Stanley Johnston, s’est récemment prononcé en faveur de la résolution des problèmes liés au développement et propose la tenue d’un «Development Round».

C’est pourquoi, la majorité des pays en développement ne veulent pas des nouvelles libéralisations tant réclamées par les pays riches, rappellent les œuvres Suisses d’entraide. Au contraire, ils souhaitent attendre que les accords de l’Uruguay Round soient complètement mis en œuvre et, surtout, leurs déséquilibres rectifiés. Il est grand temps que les pays occidentaux s’attellent sérieusement aux problèmes commerciaux des pays du Sud et qu’ils tiennent toutes leurs promesses à leur égard, et surtout, qu’ils ne négocient pas seulement entre eux, conclut la Communauté de travail. (apic/com/tg)

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