Réclamer l’ordination des femmes dans toutes les Eglises
New Delhi 27 octobre (APIC) Le plus grand rassemblement jamais tenu en Inde de femmes chrétiennes a réclamé l’ordination des femmes dans les 29 Eglises affiliées au Conseil national des Eglises de l’Inde (NCCI).
Cet appel a été formulé par les participantes à la rencontre – Ecumenical Women’s Millenium Celebration (Célébration des femmes œcuméniques pour le Millénaire) – organisée en octobre à Secunderabad, ville de l’Inde du Sud. Plus de 2’000 femmes protestantes et orthodoxes participaient à cet événement.
« L’initiative la plus importante prise au cours de cette rencontre a été de réclamer l’ordination des femmes dans toutes les Eglises », a confié Sunita Noronha, secrétaire de la commission « femmes » et coordinatrice du Conseil indien des femmes chrétiennes (AICCW). Si certaines Eglises membres du NCCI ordonnent déjà des femmes, d’autres ne sont pas disposés à le faire.
Les participantes à la rencontre – à laquelle assistaient 200 femmes catholiques en qualité d’observatrices – ont aussi réclamé une représentation « égale » des femmes au sein des organes de décision des Eglises et une liturgie inclusive – en supprimant tout langage discriminatoire et sexiste dans les services religieux. Elles ont demandé que les théologiennes soient considérées à égalité avec les théologiens. De telles mesures permettraient aux femmes d’obtenir ce qui leur est « dû » dans le prochain millénaire.
La présidente du Conseil des femmes chrétiennes, Susy Matthew, a précisé que le but de cette rencontre était de « se réunir et de présenter aux Eglises les aspirations des femmes au seuil du troisième millénaire ».
« Nous ne pouvons prendre des mesures drastiques pour obtenir satisfaction. Seules, les femmes ne peuvent pas faire beaucoup dans l’Eglise. Aussi devons-nous créer un mouvement de masse dans les Eglises avec des groupes de pression ».
Prasanna Kumari, secrétaire exécutive des Eglises évangéliques luthériennes unies de l’Inde, a exhorté les femmes à sortir de leur coquille et à « briser la culture du silence ». « Les femmes ne parlent pas en présence des hommes. Elles ne parlent qu’aux femmes ».
Pour Sunita Noronha, « nombreuses sont celles qui ont peur de soulever la question de l’ordination des femmes dans leurs Eglises. Les gens de notre Eglise nous tourneront en ridicule », a-t-elle dit en se basant sur les témoignages reçus.
Alors que des grandes Eglises protestantes – les Eglises de l’Inde du Nord, de l’Inde du Sud, méthodistes et certaines Eglises luthériennes et baptistes ordonnent déjà les femmes, les Eglises orthodoxes, évangéliques et Mar Thoma ne l’autorisent pas.
Même dans les Eglises qui ordonnent les femmes, c’est « plus vrai en théorie qu’en pratique. La décision d’ordonner les femmes reste souvent une prérogative de l’évêque ».
« Le nombre de femmes ordonnées dans mon Eglise méthodiste peut être compté sur les doigts de la main alors que nous avons des milliers de pasteurs. Moi-même, j’ai une formation théologique mais l’ordination des femmes n’intéresse pas mon évêque », relève Sunita Noronha.
Non seulement certaines Eglises refusent d’ordonner des femmes, mais elles ne leur accordent pas le droit de vote dans leurs instances, précise la présidente du Conseil des femmes chrétiennes, Susy Matthew. Des déléguées de l’Eglise Mar Thoma et des Eglises orthodoxes ont réclamé le droit de vote.
Le Père K. M. George, directeur du Séminaire théologique orthodoxe de Kottayam, dans l’Etat du Kerala, et membre de l’Eglise orthodoxe syrienne de Malankara, a précisé que cette question ne figure pas à l’ordre du jour de l’Eglise. « Sur ce point, nous sommes comme les catholiques. L’opposition à l’ordination des femmes relève de la foi et de la tradition de l’Eglise ». (apic/eni/tg)
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