Un dénominateur commun nommé saint François
Assise, 28 octobre 1999 (APIC) Mgr Henri Teissier a retrouvé «l’esprit d’Assise», au cours de la rencontre interreligieuse tenue à Rome et à Assise du 24 au 28 octobre. L’archevêque d’Alger estime que le dénominateur commun autour duquel se sont retrouvés les représentants d’une vingtaine de religions a été saint François. Treize ans jour pour jour après la rencontre du 27 octobre 1986 à Assise, Mgr Teissier livre ses impressions à l’APIC.
Mgr Teissier: En général, il y a eu une bonne ambiance. Nous nous sommes retrouvés en petits groupes pendant trois demi-journées pour discuter et établir un compte-rendu qui a servi à la rédaction finale d’un message commun, destiné à être lu ensuite devant le pape. Dans mon groupe, il y avait vraiment une volonté de dire une parole commune. A aucun moment, il n’y a eu de tensions, mais évidemment, les identités de chacun sont restées différentes. Nous avons présenté notre compte-rendu en trois points, en insistant d’abord sur la nécessité d’engager les traditions religieuses sur des questions liées à la justice, puis en invitant chaque religion à s’ouvrir aux autres traditions religieuses dans le cadre du monde actuel, et enfin, en demandant une ’universalisation’ des valeurs spirituelles.
APIC: Le pèlerinage des participants à Assise le 27 octobre a-t-il permis de retrouver «l’esprit d’Assise» qui avait caractérisé la rencontre de 1986, il y a exactement treize ans ?
Mgr Teissier: Oui. Nous avons effectivement retrouvé «l’esprit d’Assise» dont on avait parlé lors de la première rencontre interreligieuse du 27 octobre 1986. Cette première rencontre est restée une référence pour nous, et elle a inspiré tous nos débats. C’est d’ailleurs grâce à saint François que nous avons pu nous rassembler ainsi. En effet, d’une certaine manière, le saint d’Assise est moins enfermé dans une confession que Jésus. Je m’explique. Jésus est propre aux chrétiens, Bouddha est propre aux bouddhistes, Mahomet est propre aux musulmans, alors que saint François, lui, n’a pas été un fondateur de religion, mais plutôt un signe de vie spirituelle. On a ressenti cette universalité du message de saint François dans les groupes de discussions. Un musulman nous a donné en particulier un témoignage émouvant à ce sujet.
APIC: Peut-on attendre des retombées positives de cette rencontre ?
Mgr Teissier: Il est clair que ce genre de rencontre ne peut faire qu’avancer les choses. Les représentants des quelque 20 religions présentes pendant l’assemblée ont accepté de venir, ce qui prouve déjà une certaine volonté de progresser ensemble sur le chemin du dialogue. Ils ont essayé de chercher ce qui pourrait permettre de faire un message commun. Je suis persuadé que cela a représenté un pas de plus dans le dialogue interreligieux. Mais il faut que nous continuions à chercher ensemble des idées concrètes qui pourraient être utiles, car après cette rencontre, il faudra que chacun s’affronte à sa propre réalité quotidienne. (apic/imed/pr)
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