Rwanda: Le procès de Mgr Augustin Misago reporté au 4 novembre
Kigali, 28 octobre 1999 (APIC) Nouveaux rebondissements dans le procès de Mgr Augustin Misago, l’évêque de Gikongoro accusé par les autorités rwandaises d’être l’un des organisateurs du génocide de 1994 qui a coûté la vie à quelque 800’000 tutsis et hutus modérés. Le procès a une nouvelle fois été ajourné et ne reprendra que le 4 novembre prochain, le procureur Agnes Nyirandabaruta affirmant que Mgr Misago, devra répondre de nouvelles accusations.
Outre les chefs d’accusation déjà avancés pour « génocide et crimes contre l’humanité », le prélat a été accusé, à l’occasion de la reprise des audiences mardi, d’être responsable de l’assassinat de 20 prêtres et religieuses tutsis qui avaient trouvé refuge dans le centre « Christus » des jésuites de Kigali en avril 1994.
Selon l’accusation, Mgr Misago n’aurait rien fait pour sauver les religieux qui auraient demandé en vain son aide avant d’être tués. Repris après un mois de pause, avec des témoignages à huis clos de quelques prêtres et religieuses rwandaises, le procès contre l’évêque de Gikongoro a été ajourné une nouvelle fois jusqu’au 4 novembre. Le huis clos avait été prononcé « afin d’entendre les témoins à charge en toute sérénité et sécurité ».
Lors de l’audience de mardi, les avocats de Mgr Misago ont contesté les nouvelles accusations de complicité lors de la tuerie de 20 prêtres et religieuses, déclarant la non recevabilité des preuves. La défense, représentée par Me Protais Mutembe, s’est insurgée contre ce nouveau chef d’accusation, qualifié de « libelle obscur ». Au moment des faits, l’accusé était archevêque de Gikongoro, a souligné l’avocat. « Par ailleurs, on ne sait pas si on accuse Mgr Misago de non assistance à personne en danger ou de génocide après la mort des prêtres du Centre Christus », a-t-il poursuivi: « Tout est ici confus » et la nouvelle requête est tout simplement « irrecevable ».
Les avocats ont pu facilement prouver que ces nouvelles imputations n’étaient pas incluses dans le dossier du procès qui a « justifié » l’arrestation de l’évêque, qui avait été publiquement dénoncé ce printemps par le président rwandais Pasteur Bizimungu. La justice rwandaise a constitué le dossier a posteriori. L’évêque de Gikongoro, qui a toujours clamé son innocence, dénonce une campagne politique visant l’Eglise catholique rwandaise.
L’intention du pouvoir en place à Kigali est d’ailleurs très claire: « Nous voulons élargir le débat sur le rôle de l’Eglise, principalement à Kigali, dans la planification et l’exécution du génocide », a confié à l’agence de presse panafricaine PANA l’avocat de la partie civile, Me François Rwangampukwe. (apic/misna/pana/be)
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