La JOCI fête 100 ans d'action des travailleurs pour les travailleurs

Le mouvement de la Jeunesse ouvrière chrétienne internationale (JOCI), fondée par le prêtre belge Cardijn, fête ses 100 ans cette année. Il vient aussi de célébrer, le 25 août 2025, le souvenir de son premier rassemblement mondial, tenu au Vatican en 1957. L’occasion pour lui de réaffirmer son combat pour plus de justice dans le monde du travail.

Sur la place Saint-Pierre de Rome, le 25 août 1957, plus de 32’000 jeunes travailleurs et travailleuses, venus des quatre coins du monde, s’étaient retrouvés autour du pape Pie XII. L’événement avait consolidé la JOC dans ses valeurs et réaffirmé sa présence auprès des ouvriers en tant que communauté chrétienne apostolique.

Ce moment fort de l’histoire du mouvement est vécu par les membres actuels de la JOCI comme une occasion de dire que l’esprit de lutte pour un travail décent qui l’animait alors a traversé les générations. «Célébrer le centenaire, ce n’est pas simplement honorer un événement passé, témoigne Hamdani, d’Indonésie, sur le site officiel de la JOCI. Le combat ne s’arrête pas.» Sensibiliser les jeunes à la justice au travail, les éveiller à leur propre pouvoir d’action à partir de leur expérience de vie et de travail reste l’objectif du mouvement.

Une organisation reconnue à l’ONU

Aujourd’hui encore, la JOC organise les jeunes travailleurs sur tous les continents, en fonction de leur secteur de travail: économie informelle, travail précaire, chômage et jeunes travailleuses. Elle leur offre éducation et formation pour qu’ils partagent et réfléchissent à leur vie et à leur travail. Ces réflexions sont menées au moyen de la méthode Voir-Juger-Agir, utilisée par d’autres mouvement de l’Action catholique.

La JOCI, quant à elle, la branche internationale du mouvement, jouit d’un statut officiel auprès de plusieurs organisations onusiennes, dont l’Organisation Internationale du Travail (OIT), basée à Genève, ou l’Unesco, à Paris.

Le temps de la scission

En 1989, le mouvement, dit alors de la Jeunesse ouvrière catholique Internationale, avait été désavoué par Rome, qui lui reprochait « une orientation peu claire », en réalité trop à gauche de l’échiquier politique. Le Vatican lui avait alors préféré son mouvement dissident, la Coordination Internationale de la Jeunesse Ouvrière (CIJOC). L’épiscopat suisse, pour sa part, avait préservé sa confiance à la JOC, la lettre du Saint-Siège spécifiant que la décision de Rome ne préjugeait pas des relations entre les évêques et les mouvements nationaux. (cath.ch/com/arch/lb)

Lucienne Bittar

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/la-joci-fete-100-ans-daction-des-travailleurs-pour-les-travailleurs/