Un obstacle nommé Etats-Unis
Rome, 1er septembre 1999 (APIC) Le « bras de fer » oppose entre le Vatican et les Etats-Unis continue, à propos d’une visite du pape en Irak. Une visite que les Etats-Unis et Israël sont loin de voir d’un bon œil. Ce que confirme d’Irak le patriarche des catholiques chaldéens à Bagdad, Raphael Ier Bidawid. Le pape Jean Paul II veut se rendre en Irak, terre d’Abraham, mais la Maison Blanche fait obstacle, arguant que ce voyage pourrait renforcer le régime de Saddam Hussein. Un régime pourtant affaibli, à l’image d’un pays qui compte chaque jour les morts laissés par les bombardements américains et anglais. Et par l’embargo de l’ONU sous la pression américaine.
La semaine dernière, des informations faisaient état d’une visite du pape Jean Paul II en Irak, les 3 et 4 décembre prochains. Depuis, les informations n’ont cessé d’être contradictoires, sans jamais véritablement être démenties. Le programme n’est pas encore défini, dit-on côté Vatican. On s’active à redonner à la ville chaldéenne d’Ur un peu de splendeur, assure-t-on en Irak, dans l’optique de la visite du pape…
Dés l’annonce des dates de la visites, plusieurs sources généralement bien informées faisaient état d’un entretien tenu en juillet entre Mgr Jean-Louis Tauran, numéro deux de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, et le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Madeleine Albright. Un entretien d’ailleurs qualifié d’ »orageux ».
Le 27 août, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro Valls tempérait quelque peu, en déclarant: « la date et l’itinéraire du voyage n’ont pas encore été définis », même si le pape « désire ardemment accomplir ce pèlerinage ».
Mais, notait dans la foulée le journal « La Stampa » de Turin, le patriarche des catholiques chaldéens à Bagdad, Raphael Ier Bidawid, a confirmé la rumeur: « Le voyage aura lieu du 2 au 5 décembre. Le Vatican est en contact avec l’ONU afin d’obtenir pour le pape l’autorisation de se rendre en avion en Irak ».
Or, a ajouté le patriarche, « les Américains et les Israéliens s’emploient à empêcher le pèlerinage ». Le patriarche a aussi encore précisé que le pape devrait rencontrer le président irakien Saddam Hussein.
Un sens religieux
En 1994 déjà, dans la lettre apostolique « Tertio Millenio Adveniente » sur la préparation du Jubilé de l’an 2000, le pape Jean Paul II avait exprimé l’espoir de « visiter, à l’occasion de l’an 2000, tous ces lieux qui se trouvent sur le chemin du peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance, depuis les terres parcourues par Abraham et par Moïse, en traversant l’Egypte et le Mont Sinaï, jusqu’à Damas, ville qui fut témoin de la conversion de saint Paul ».
Le 29 juin de cette année, dans une lettre « sur le pèlerinage aux Lieux Saints liés à l’histoire du salut », le pape a exprimait l’espoir de pouvoir commencer son pèlerinage à Ur, en Chaldée, l’actuelle Tal al Muqayyar au sud de l’Irak, ville qui a été, selon la Genèse, la patrie d’Abraham. Abraham est considéré comme « le père dans la foi » par les juifs, les chrétiens et les musulmans.
Le porte-parole du Département d’Etat américain James Foley a confirmé que son pays avait prié le pape de « repenser » à son projet de voyage en Irak… En réponse, Mgr Diarmuid Martin, secrétaire du Conseil pontifical « justice et paix » a souligné que cette visite avait une signification spirituelle. Même si Vatican condamne l’embargo imposé par l’ONU sous la seule pression des Etats-Unis et de l’Angleterre, comme il avait aussi condamné les frappes contre ce pays. Lors de la visite du pape à Cuba, les Etat-Unis, déjà, avait fait part de leurs réticences à un tel voyage.
Enfin au cours d’une interview accordée au journal « La Nazione », de Florence, le ministre des Affaires étrangères irakien Tarek Aziz, confirmait le 28 août que des tractations diplomatiques étaient en cours entre l’Irak et le Vatican sur les « modalités » de la visite du pape. (apic/eni/pr)
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