L’ONU invite les Eglises à s’associer à sa résolution

Protéger les enfants contre la guerre

Mais oublie son rôle joué dans la mort d’enfants en Irak

Genève, 1er septembre 1999 (APIC) Le représentant du secrétaire général de l’ONU pour les enfants dans les conflits armés a invité le Conseil oecuménique des Eglises (COE) à donner son appui à la résolution récemment adoptée par le Conseil de sécurité. «Nous sommes témoins d’abominations indicibles commises contre les enfants», a expliqué Olara A. Otunnu devant le Comité central du COE réuni ces jours à Genève, après l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1261 traitant des effets de la guerre sur les enfants. Des abominations indicibles sans doute oubliées en Irak par l’ONU.

«Au cours de la dernière décennie seulement, deux millions d’enfants ont été tués dans des conflits, un millions sont devenus orphelins, six millions ont été blessés ou handicapés à vie, et 10 millions sont confrontés à des problèmes psychologiques», a déclaré le délégué de l’ONU, ajoutant que près de 20 millions d’enfants sont déplacés dans leur propre pays ou sont devenus des réfugiés. A. Otunnu a qualifié la résolution de «décision sans précédent», étant donné que le Conseil de sécurité traite normalement de questions géopolitiques plutôt que de problèmes sociaux.

Quand le village devient un champ de bataille

Les enfants sont les victimes les plus innocentes des conflits armés, a noté l’orateur, et ils souffrent dans une mesure disproportionnée quand la guerre éclate. «Presque tous les conflits du monde d’aujourd’hui sont des guerres civiles qui se déroulent entre des gens qui se connaissent très bien, et qui sont caractérisées par la désagrégation sociale et le désordre généralisés», a-t-il relevé, parlant d’échec «moral et spirituel», car l’ennemi est «diabolisé», et souvent défini en termes religieux, raciaux, ethniques ou géographiques. La protection traditionnelle des civils dans les combats n’existe plus, et «le village est devenu le champ de bataille».

En soutenant la résolution de l’ONU, a fait valoir A. Otunnu, les Eglises du monde entier devraient s’engager en faveur de l’application rigoureuse de normes internationales telles que les Conventions de Genève et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il est nécessaire également de soutenir les systèmes de valeurs traditionnels qui fournissaient naguère une base éthique de comportement. «La perte la plus grave dont puisse souffrir une société est l’effondrement de son système de valeurs, a relevé le représentant de l’ONU. Aujourd’hui, la référence morale n’existe plus, et tous sont devenus de simples proies dans la lutte impitoyable pour conquérir le pouvoir. «

L’enfance, «zone de paix»

L’enfance devrait être déclarée «zone de paix», a poursuivi l’orateur,. Il a ajouté que les parties du conflit devraient – sous la menace de sanctions internationales – être tenues d’autoriser la distribution de secours et de mettre en place des «cessez-le-feu humanitaires». Elles ne devraient ni utiliser des mines antipersonnel, ni recruter des enfants pour le combat. L’enrôlement des enfants est «l’un des phénomènes les plus terrifiants des conflits de ces derniers temps», a relevé A. Otunnu, qui a toutefois admis que la résolution des Nations Unies ne délimite pas clairement ce qu’on entend par «enfant». Lui-même et d’autres sont partisans de la limite de 18 ans, mais il n’y a pas de consensus à ce propos. Beaucoup de pays considèrent que les jeunes de 18 ans sont aptes au combat, mais on a constaté lors de récents conflits que des enfants d’à peine 10 ans portaient des armes.

Les pays devraient aussi vouer une attention particulière aux besoins des enfants quand les conflits prennent fin. «Quand la guerre est terminée, elle ne l’est pas pour les enfants qui ont intégré la violence à leur vie. Nous devons récupérer ces jeunes et réveiller en eux un sentiment d’espoir». Se référant à la bonne connaissance qu’il a du COE de longue date, A. Otunnu, d’origine ougandaise, a souligné que l’assistance aux enfants se situe dans le cadre d’une campagne spirituelle. «Plus que jamais, a-t-il dit, nous avons besoin de renouveau spirituel et, quand nous en voyons des signes dans le monde, nous devons aller vers les adeptes d’autres religions – de toutes les religions – et les inviter à se tendre la main et à promouvoir les valeurs fondamentales de la foi, de l’amour, du pardon et de la réconciliation».

Vous avez dit droit des enfants…?

Rien, en revanche, n’est dit sur le cas des enfants irakiens, victimes des bombardements américains et anglais lancés avec l’autorisation de l’ONU, victimes aussi et surtout de l’embargo, dicté par l’ONU, et qui cause chaque mois la mort de 5 à 6’000 enfants. (apic/eni/spp/cip/pr)

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