Liban: L’installation définitive des réfugiés palestiniens préoccupe les évêques maronites
Beyrouth/Dimane, 2 septembre 1999 (APIC) L’installation définitive au Liban des quelque 300’000 exilés palestiniens réfugiés en plusieurs vagues successives à la suite de la création de l’Etat d’Israël en 1948, préoccupe vivement les évêques maronites libanais, selon un communiqué publié mercredi à l’issue de leur assemblée.
Le dossier de la présence palestinienne agite depuis plusieurs semaines l’ensemble des forces politiques et religieuses du pays. Des responsables musulmans et chrétiens libanais participent à la préparation à Beyrouth d’un sommet interreligieux contre l’implantation qui devrait se tenir à Dar-el-Fatwa, au siège de la plus haute instance religieuse sunnite du Liban.
Les autorités politiques et religieuses au Liban craignent en effet que le pays, sous la pression des Etats-Unis, soucieux d’arracher un plan de paix global au Proche-Orient, ne fasse les frais d’un accord global qui lui imposerait la présence palestinienne. Les responsables libanais de tous bords craignent qu’une installation définitive des réfugiés ne mette en danger le fragile équilibre démographique et confessionnel du Liban. A l’occasion de la réunion hebdomadaire du Cabinet, le Premier ministre Sélim Hoss a une fois de plus réitéré les options de son gouvernement en matière de politique étrangère, notamment concernant le rejet catégorique de l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban, la concomitance des volets libanais et syrien dans le processus de paix et l’application de la résolution 425 des Nations Unies.
Les évêques plaident pour une paix « juste et globale » au Proche-Orient
De son côté, l’Assemblée des évêques maronites a souhaité mercredi l’instauration d’ »une paix juste et globale au Proche-Orient qui réglerait tous les problèmes en suspens, en particulier l’implantation des Palestiniens au Liban ». A l’issue de leur réunion mensuelle à la résidence patriarcale d’été à Dimane, tenue sous l’égide du patriarche Nasrallah Sfeir, les évêques ont souhaité que cette paix soit juste et globale « de manière à régler tous les problèmes en suspens. Celui de l’implantation des Palestiniens au Liban doit avoir la priorité sur la table des négociations car il s’agit d’une question humanitaire qu’on ne peut ignorer mais que le Liban ne peut assumer. L’application des résolutions internationales prises en faveur du Liban depuis 23 ans et stipulant le retrait de toutes les forces étrangères doit être également requise ».
Pour sa part, le « Comité pour le dialogue islamo-chrétien » poursuit ses contacts en vue de mettre sur pied le prochain « sommet spirituel » visant à adopter une position nationale unifiée « pour faire face au complot de l’implantation des Palestiniens au Liban. » Un tel projet a été lancé notamment par le leader du Parti national libéral, Dory Chamoun, un chrétien, qui a entrepris une série de démarches à ce propos avec le président Emile Lahoud, le chef du Législatif Nabih Berry, le Premier ministre Sélim Hoss et les différents chefs spirituels du pays.
Le secrétaire général du « Comité pour le dialogue islamo-chrétien », l’émir Harès Chéhab, affirme qu’il y a l’unanimité chez les chefs religieux libanais au sujet de la tenue du sommet spirituel et du rejet de l’implantation des réfugiés palestiniens, un problème qui focalise l’attention en raison du « poids démographique que constitue la présence palestinienne au Liban ». Pour les instances libanaises, les réfugiés doivent pouvoir retourner sur leur sol national, conformément aux résolutions de l’ONU. (apic/orlj/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse