Genève: Le dialogue va reprendre entre orthodoxes et protestants au sein du COE
Genève, 5 septembre 1999 (APIC) Le profond malaise qui divise depuis des années orthodoxes et protestants au sein du Conseil œcuménique des Eglises (COE), trop imprégné de protestantisme aux yeux des Eglises orthodoxes, n’est pas près de se dissiper. Mais un pas vient d’être fait pour apaiser les tensions: le COE a créé une commission spéciale chargée, d’ici à 2003, de relancer le dialogue entre orthodoxes et protestants et d’aplanir les divergences.
Cette décision a été prise par les 150 membres du Comité central du COE réunis du 26 août au 2 septembre à Genève. La première session de la commission se tiendra début décembre 1999.
A l’origine du malaise, la difficulté des Eglises orthodoxes à se faire entendre au COE sur divers sujets, notamment l’ordination des femmes ou la sexualité. Le fossé entre orthodoxes et protestants est apparu au grand jour en mai 1998. Réunies à Thessalonique, les Eglises orthodoxes ont alors réclamé une refonte des structures du COE, une communauté de 336 Eglises réparties dans plus de 100 pays sur tous les continents et représentant pratiquement toutes les traditions chrétiennes. L’Eglise catholique romaine, bien que non membre, collabore activement avec le COE dans divers secteurs.
«Le COE est en plein renouveau»
Peu après la rencontre de Thessalonique, les Eglises orthodoxes de Géorgie et de Bulgarie quittaient le COE. Lors de la VIIIe Assemblée du COE en décembre dernier à Harare, au Zimbabwe, la crise était patente. Les orthodoxes ont boycotté certaines cérémonies liturgiques et se sont abstenus lors des votes. Malgré les fortes réticences orthodoxes, des thèmes comme l’homosexualité, l’ordination des femmes ou le langage «inclusif» (qui veut éviter le sexisme) dans la liturgie ont tout de même été traités.
Ces événements ont fait prendre conscience aux protestants qu’il fallait renouer le dialogue avec les orthodoxes. D’où la décision de créer une commission spéciale composée de trente représentants protestants et trente orthodoxes. «Le COE est en plein renouveau» a déclaré Gabriel Habib, spécialiste des relations internationales auprès du Conseil national des Eglises américaines. Selon lui, le partenariat pratiqué ces 50 dernières années au sein du COE doit évoluer. Il souhaite vivement que les Eglises orthodoxes prennent une part active au COE pendant la durée du mandat de la commission spéciale. (apic/com/sah/be)
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