Mère Teresa a succombé à une crise cardiaque à Calcutta, le 5 septembre 1997. En décembre dernier, le Vatican a exceptionnellement renoncé au délai d’attente de cinq ans pour autoriser la procédure de béatification. Le 26 juillet, l’archevêque de Calcutta, Henry D’Souza, a ouvert l’enquête sur la béatification et la canonisation éventuelles de Mère Teresa. Le tribunal diocésain qui fera sa recommandation est composé de douze personnes qui ont toutes juré de garder le secret et de rechercher la vérité.

Le 5 septembre 1997, Mère Teresa quittait ce monde

En tant que chef de l’Eglise locale, il appartient à l’archevêque D’Souza de superviser l’enquête sur « la vie, les vertus et la réputation de sainteté » de la religieuse, qui était devenue célèbre dans le monde entier. Il a déclaré récemment que « la communauté où elle vivait et des gens du monde entier réclament sa canonisation ». Interrogé par l’agence œcuménique ENI, l’archevêque D’Souza souligne: « Elle était proche de Dieu. Les gens sont tout à fait convaincus que Mère Teresa a mené une vie de sainte et est morte comme une sainte. »

Sœur Nirmala, qui a succédé à Mère Teresa au poste de mère supérieure de la Congrégation, a déclaré que le lancement anticipé du procès de béatification de leur fondatrice avait comblé de joie les 4’500 Missionnaires de la Charité dans le monde entier.

Née en 1910, Agnès Bojaxhiu a rejoint les Sœurs de Lorette en 1928, et en 1929, elle est arrivée en Inde. Elle était alors Sœur Marie Teresa. Vingt ans plus tard, elle a commencé à se consacrer aux pauvres et peu après, en 1950, elle a fondé les Missionnaires de la Charité.

Son œuvre de charité dans les taudis et les rues de Calcutta pour « les plus pauvres d’entre les pauvres » lui a valu d’être appelée « Mère Teresa » par la population. Au moment de sa mort, il y a deux ans, la Congrégation qu’elle avait fondée à Calcutta dans une maison louée s’était étendue à 126 pays et comptait 595 centres, plus de 4’000 religieuses et 500 prêtres et frères.

Au fil des années, la frêle religieuse a reçu une foule de distinctions, dont le Prix Templeton pour le progrès de la religion, en 1973, le Prix Nobel de la Paix, en 1979, et le Bharat Ratna (Joyau de l’Inde), principale distinction de l’Inde, en 1980. On a déjà accordé beaucoup d’attention à un incident qui s’est produit peu après la mort de Mère Teresa: une colombe blanche est venue se poser sur l’affût du canon dans le cortège funèbre à Calcutta. Les médias y virent une apparition de l’Esprit Saint. On lui a déjà attribué plusieurs miracles, dont la guérison d’un malade à Raiganj, dans l’Etat du Bengale-Occidental, en Inde de l’Est. On a dit que la tumeur du malade a disparu après des prières pour l’intercession de Mère Teresa.

Les travaux que poursuit le tribunal à Calcutta ne sont qu’une étape préliminaire d’un processus compliqué. Trois membres du tribunal entendront une cinquantaine de témoins en Inde et inscriront au dossier les témoignages pour et contre la béatification et la canonisation de Mère Teresa. En plus de l’évêque Salvadore Lobo, qui représente l’archevêque de Calcutta aux audiences, le tribunal comprend le promoteur de la justice – communément appelé l’avocat du diable – qui peut contester les témoignages. L’archevêque D’Souza a également confié des « mandats » aux évêques catholiques de Londres, New York, Rome et San Diego, pour leur permettre d’entendre une quarantaine d’étrangers qui désirent témoigner.

« Le tribunal n’a pas à juger si Mère Teresa mérite la canonisation », affirme le postulateur, « son mandat est de vérifier si les témoignages sont vrais. » Le dossier sera ensuite transmis à Rome pour être étudié par un groupe de neuf théologiens. Si les théologiens se prononcent en faveur de la béatification à une majorité des deux tiers, un groupe de neuf évêques examinera le dossier. Si ce groupe se prononce lui aussi en faveur de la béatification à une majorité des deux tiers, la demande sera transmise au pape. « C’est en fin de compte au pape qu’il appartient de décider », conclut le Père Kolodiejchuk, qui affirme qu’aucun fait ne sera caché. Notamment certains reproches adressés par les détracteurs de Mère Teresa, par exemple d’avoir reçu des dons de personnes peu recommandables ou d’avoir eu pour seul but de ses œuvres sociales la conversion des hindous au christianisme. « Tout sera examiné et la vérité sera faite ». (apic/eni/be)

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