La police «religieuse» avait trouvé une Bible dans son appartement
Prilly/Riyad, 6 septembre 1999 (APIC) Un jeune Philippin est actuellement emprisonné en Arabie Saoudite, pour le simple fait de posséder une Bible. Ces derniers 14 mois, plus de trente expatriés chrétiens travaillant dans ce pays ont été emprisonnés ou expulsés par les autorités saoudiennes.
Arrêté par la police «religieuse» le 6 juillet dernier à Riyad, Arsenio Enriquez Jr., âgé de 24 ans, était employé comme serveur dans un restaurant à Riyad depuis 1993. Il a été arrêté à son domicile après une perquisition des autorités saoudiennes. Cette arrestation n’a été confirmée que le 30 août par les services de l’ambassade des Philippines, indique lundi 6 septembre un communiqué la section suisse de l’Association interconfessionelle «Portes Ouvertes», à Prilly. Le jeune philippin est accusé d’»activité de prédication».
Un porte-parole de l’ambassade philippine à Riyad indique qu’une procédure officielle a été ouverte auprès du ministère saoudien des Affaires étrangères, au sujet de l’arrestation d’Arsenio Enriquez.
Célibataire, le jeune homme est la seule source de revenu pour sa mère et ses deux plus jeunes frères, depuis le décès de son père il y a plusieurs années. Il avait décidé de partir pour l’Arabie Saoudite afin de subvenir aux besoins de sa famille. Le jeune homme ouvrait son domicile pour des discussions sur la Bible avec d’autres expatriés. Il aurait été dénoncé aux «mouttawa’in» (police religieuse) par certaines de ces fréquentations.
Depuis son arrestation, A. Enriquez n’a reçu qu’une visite, de la part d’un ami, mais il a pu faire parvenir une lettre à sa famille. Son employeur ne s’est pas manifesté pour demander la libération de son employé. Celui-ci a manifestement perdu tous les acquis financiers mentionnés dans son contrat de travail.
A. Enriquez serait sur le point d’être transféré dans un autre centre de détention, synonyme pour lui d’expulsion, mais le porte-parole de l’ambassade philippine, Art Romua, souligne que ce ne sont là que des «spéculations».
La loi saoudienne, se basant sur une interprétation stricte de l’islam, interdit aux non-musulmans de se réunir pour leur foi. Les autorités confisquent régulièrement du matériel imprimé et électronique appartenant à des expatriés faisant foi d’une autre religion que l’islam. Depuis 14 mois, plus de trente expatriés chrétiens ont été arrêtés ou expulsés de leur travail, et du pays, à cause d’accusations concernant leurs «activités chrétienne»..
Le cas préoccupant de Roméo Macabuhay
Autre cas récent et préoccupant: celui de Roméo Macabuhay, 46 ans, arrêté le 24 mai dernier et qui n’a pu recevoir aucune visite depuis son arrestation. Macabuhay est accusé par les «mouttawa’in» d’avoir prêché le christianisme, accusation établie sur la base d’une photographie trouvée à son domicile et le représentant debout, parlant derrière un pupitre. (apic/com/pr)
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