Timor oriental: Mgr Belo dénonce l’attaque des militaires indonésiens
Baucau, 8 septembre 1999 (APIC) «Nous avons besoin plus que jamais d’une force de paix internationale sur le territoire». Tel est l’appel Mgr Carlos Felipe Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili à Timor-Est, et interrogé par le quotidien italien «Avvenire». Pour le prix Nobel de la Paix 96, l’agression indonésienne est une répétition de l’invasion de 1975.
Contraint de fuir sa résidence épiscopale le matin du 6 septembre, à cause de l’irruption de miliciens anti-indépendantistes, Mgr Belo a été évacué en hélicoptère à Baucau, au nord-est de l’île, dans le second diocèse de l’ancienne colonie portugaise avant de quitter le pays mardi pour l’Australie.
Contacté par téléphone à Baucau, Mgr Belo insiste sur le fait que la violence qui a éclaté à Timor-Est n’est pas une «guerre civile», mais une «véritable attaque de la part des militaires indonésiens, qui utilisent les milices comme pions, et veulent faire croire de cette manière que le conflit se déroule entre Timorais et qu’ils en sont totalement étrangers «.
Pour Mgr Belo, l’ONU, dans ce conflit, raisonne «plus en termes politiques et économiques qu’humanitaires», parce que «contrecarrer l’Indonésie pourrait coûter cher aux pays riches». L’administrateur apostolique de la capitale timoraise considère que les militaires indonésiens «préparent le terrain pour répéter ce qu’ils ont fait en 1975», lorsque l’Indonésie a annexé l’ancienne colonie portugaise. C’est pourquoi, «nous avons besoin plus que jamais d’une force de paix internationale, ici, sur le territoire «.
Pour l’évêque, les généraux indonésiens tiennent beaucoup à Timor-Est à cause des intérêts économiques qui sont sous leur contrôle, et en même temps parce que le territoire a été montré pendant presque 25 ans comme un symbole de l’héroïsme des militaires et de l’unité de la nation indonésienne.
Interrogé par «Avvenire» sur le risque d’une sécession des provinces de l’île les plus ravagées par la violence des milices, Mgr Belo avoue sa crainte à ce sujet, et insiste sur le fait qu’»une nation timoraise séparée ne pourra jamais être une authentique nation». «Le peuple timorais a lutté pour avoir le droit à l’autodétermination. Maintenant qu’il a finalement réussi à exprimer sa propre idée, il doit chercher à construire un nouvel avenir en confrontant différents avis «. (apic/imed/mp)
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