«Pékin aurait tout à gagner d’une visite du pape à Hong Kong»
Rome, 7 septembre 1999 (APIC) Le refus des autorités de Pékin de laisser Jean Paul II se rendre en visite pastorale à Hong Kong est le reflet d’une situation de malaise particulièrement préoccupante pour l’avenir des catholiques de Chine, estime Mgr Joseph Zen Ze-Kiun, évêque coadjuteur de Hong Kong, dans une interview accordée au mensuel italien «Jesus».
Le gouvernement de Pékin a fait connaître sa décision concernant la visite du pape à Hong Kong, le 9 août dernier, affirmant que cette visite n’était pas opportune «car le Saint-Siège a des relations diplomatiques avec Taiwan mais pas avec la Chine».
L’évêque coadjuteur de Hong Kong poursuit: «Nous sommes favorables à cette visite mais nous avons très peu d’espoir, même si Pékin aurait tout à gagner, au niveau de son image, en donnant en plus l’impression que rien n’a changé à Hong Kong depuis le passage à la Chine».
En ce qui concerne la situation à Hong Kong, Mgr Zen Ze-Kiun essaie de voir les choses de manière objective, mais il reconnaît que la situation est préoccupante. «Depuis le passage à la Chine on fait marche arrière. C’est dangereux car cela crée un sentiment de frustration. Hong Kong mérite plus de démocratie. La formule est officielle est: ’un pays, deux systèmes’ mais il faut voir si on insiste plus sur l’unité du pays ou sur le respect des deux systèmes. C’est un peu dangereux pour moi de parler maintenant car Pékin a trèès peur de la dissidence, mais je maintiens que c’est un service à la vérité de dire ce qui se passe».
Ma liberté d’action s’est limitée, déclare encore Mgr Zen Ze-Kiun: «Avant je pouvais aller en Chine pendant six mois et enseigner dans les séminaires. Maintenant je ne donne plus de cours et j’ai même du mal à voyager à l’intérieur de la Chine. Les séminaristes catholiques ont également des difficultés à venir étudier à Hong Kong.
Ne pas exagérer les différences entre catholiques
Les catholiques continuent de fréquenter la messe et de recevoir les sacrements de l’Eglise, a précisé l’évêque. «Dans ce domaine rien n’a changé. Mais je voudrais préciser une chose concernant la Chine, car beaucoup trop de personnes affirment encore qu’il y a une différence très nette entre l’Eglise clandestine et l’Eglise patriotique. Cette division n’a pas été créée par les catholiques mais par le gouvernement. L’Eglise patriotique elle aussi, est formée de catholiques. Il est de notoriété publique que le Sant Père a déjà reconnu «secrètement» un grand nombre d’évêques de cette Eglise». (apic/eni/ba)
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