Athènes: Le pape invité par la Grèce malgré les réticences des orthodoxes
Athènes, 9 septembre 1999 (APIC) Le premier ministre grec Costas Simitis a annoncé en début de semaine que le pape Jean Paul II serait le bienvenu en Grèce, malgré les réticences formulées par les orthodoxes.
Dans la lettre par laquelle il projette un pèlerinage dans les hauts-lieux du christianisme, Jean Paul II mentionne Athènes comme une étape souhaitée. Si ce projet se réalise, il sera le premier pape à se rendre en Grèce. « Le pape est chef d’Etat, et, à ce titre, il est le bienvenu », a précisé le premier ministre Simitis.
Les responsables de l’Eglise orthodoxe considèrent que si le pape veut être reçu comme chef d’Eglise, il doit être invité par le Saint Synode et son primat, le métropolite Christodoulos. A l’issue d’une récente rencontre, le Synode a déclaré que le pape ne serait certainement pas reçu en tant que chef religieux : « Le pape Jean Paul II doit demander pardon pour des siècles d’actions perçues comme mauvaises et perpétuées par l’Eglise catholique de Rome contre des chrétiens orthodoxes. Voilà la condition pour que le pape soit accueilli sur un plan religieux en Grèce. » Malgré le récent voyage du pape dans la Roumanie orthodoxe, une invitation de l’Eglise grecque semble donc très improbable.
La méfiance à l’égard du Vatican reste particulièrement forte en Grèce, où plus de 97% de la population appartient à une Eglise dont les chefs se considèrent les gardiens du dogme orthodoxe et de l’identité grecque. L’Eglise grecque ne cesse de s’en prendre au « prosélytisme » des catholiques en Europe de l’Est. La peur des orthodoxes se cristallise sur les Eglises uniates de rite oriental, qui suivent les traditions orthodoxes mais qui sont fidèles au pape. « Ils sont le cheval de Troie de l’Eglise catholique », dénonce le métropolite Kallinkos.
La déclaration du Synode orthodoxe n’est en soi pas contraignante pour le gouvernement grec, mais elle crée des clivages qui pourraient embarrasser les leaders politiques et favoriser des manifestations pendant l’éventuel voyage du pape.
Le métropolite Christodoulos a néanmoins rencontré dimanche dernier le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, pour discuter de l’éventualité de ce voyage qui serait fondateur pour un rapprochement interconfessionnel entre chrétiens à l’approche du Jubilé de l’an 2000. On estime à 50’000 le nombre des catholiques vivant en Grèce. (apic/zn/mp)
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