Tour d’horizon des réalités journalières entre le pape et les évêques
Rome, 9 septembre 1999 (APIC) Le pape a reçu jeudi 9 septembre à Castel Gandolfo les évêques du Tchad, en visite «ad limina apostolorum». Dans son discours adressé aux sept évêques de ce pays africain, Jean Paul II a insisté sur la nécessité de favoriser au Tchad des «relations bienveillantes» entre la communauté catholique, les autres chrétiens, et les musulmans.
Les catholiques au Tchad représentent environ 20% de la population, contre 15% de protestants, 54% musulmans et 11% d’adeptes des religions africaines traditionnelles. En s’adressant à Jean Paul II, le préésident de la Conférence épiscopale du Tchad, l’archevêque de N’Djamena, Mgr Charles Vandame, a souligné que les relations des catholiques tchadiens avec les protestants évangéliques progressent de jour en jour, mais que les contacts avec les musulmans étaient plus difficiles. L’altérité religieuse, a-t-il dit, coïncide avec les altérités régionales ou ethniques, ainsi qu’avec les antagonismes économiques.
«Il est nécessaire que les catholiques rejettent résolument toute attitude de peur et de refus de l’autre», a répondu Jean Paul II. Encourageant les initiatives prises par les évêques en vue d’une «meilleure connaissance mutuelle qui puisse aller au-delà des préjugés», le pape a condamné «toute ségrégation pour des motifs religieux», ainsi le «recours à la violence au nom de son propre credo religieux». «Je souhaite vivement, a-t-il insisté, que tous les croyants, dépassant résolument leurs antagonismes, unissent leurs efforts pour lutter contre tout ce qui va à l’encontre de la paix et de la réconciliatio».
Le pape a par ailleurs invité les évêques tchadiens à poursuivre le dialogue avec les autorités civiles de leur pays, pour que l’Eglise soit «toujours davantage reconnue comme une institution à part entière au sein de la société». Pour Jean Paul II, les chrétiens doivent défendre «leurs propres droits» dans la collectivité nationale, dans un esprit de justice et en recherchant avec tous l’établissement de liens fraternels, respectueux des droits et des devoirs de chacun et de chaque communauté
Ces missionnaires qui viennent d’Afrique
Le pape s’est de plus réjoui du dynamisme de l’Eglise au Tchad, qui vient de fêter le 70ème anniversaire de l’arrivée des premiers missionnaires catholiques dans le pays. Il s’est réjoui également de voir que le nombre de prêtre tchadiens a augmenté de façon significative ces dernières années, tandis que les missionnaires qui continuent à arriver au Tchad viennent désormais essentiellement des pays du tiers monde, et notamment de l’Afrique, et non plus de l’Occident, comme autrefois.
Jean Paul II s’est encore penché sur les exigences du mariage chrétien, en soulignant les difficultés qu’ont les Tchadiens à vivre ses exigences, du fait qu’ils sont «encore profondément marqués par les conceptions de l’existence et les pratiques de la culture traditionnelle». Pour le pape, il faut donner aux chrétiens polygames des «éléments de réflexion» pour qu’ils prennent mieux conscience de l’égale dignité de l’homme et de la femme, du respect dû à la femme et de l’importance de la sauvegarde de ses droits. Le pape faisait là allusion à la coutume de la dot, évoquée par le président de la Conférence épiscopale tchadienne, à travers laquelle se perpétue la conviction que l’épouse fait partie du patrimoine de la famille de son mari.
Au service de la promotion humaine
Jean Paul II a enfin encouragé l’Eglise au Tchad dans ses efforts au service de la promotion humaine et du développement, en évoquant ses nombreuses initiatives dans les domaines de la santé et de l’éducation, ainsi que dans ses oeuvres sociales et caritatives. Au sujet de la dette internationale des pays pauvres, il a invité les chrétiens à réfléchir sur la façon d’envisager sa réduction ou son effacement total selon des modalités qui ne pénalisent pas d’une autre manière les populations les plus démunies, et à s’interroger sur la gestion des ressources du pays afin de permettre à tous de mener une vie digne et solidaire.
Le président de la Conférence épiscopale du Tchad avait en effet fait allusion, à l’attention du pape, à la corruption, aux injustices, à la misère sociale et au chômage présents dans son pays. L’archevêque ayant ensuite souligné le caractère positif de la mise en place d’institutions démocratiques au Tchad, entre 1993 et 1997, et fait remarquer que «son pays connaissait actuellement une paix qu’il n’avait pas connue pendant de longues années». (apic/imed/pr)
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