Généraux indonésiens à traduire devant un tribunal international

Timor Oriental: L’évêque de Dili accuse l’armé indonésienne d’être derrière les violences

Londres, 10 septembre 1999 (APIC) Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, évêque de Dili, a accusé vendredi les militaires indonésiens d’être derrière le déchaînement de violence qui frappe le Timor Oriental. Lors d’une escale à Londres, en provenance d’Australie où il avait trouvé refuge après l’attaque de sa résidence, il a réclamé sur les ondes de la BBC l’instauration d’un tribunal pénal international pour enquêter sur les crimes commis par les milices indonésiennes et la « violence orchestrée » par les généraux en chef de l’armée. Le premier visé par une telle procédure serait le ministre de la défense indonésien, le général Wiranto, l’homme fort de Jakarta.

Le Prix Nobel de la paix 1996 a dénoncé sans ambages les autorités indonésiennes, les accusant de vouloir remettre en cause le vote historique des Timorais en faveur de leur indépendance. Près de 200’000 personnes ont déjà pris la fuite en direction de Timor Ouest, en territoire indonésien et les massacres se poursuivent, selon les témoins.

Le général Wiranto dans le collimateur

Mgr Belo a affirmé que ce sont les généraux les plus haut placés à Jakarta qui « orchestrent » la violence parce qu’ils refusent le résultat du référendum qui a donné une immense majorité (78,5%) en faveur de l’indépendance. Il s’est dit « pleinement d’accord » avec ceux qui exigent la comparution des hauts dirigeants militaires indonésiens devant un tribunal pénal international, à commencer par le chef d’Etat-major de l’armée, le général Wiranto, « suivi des chefs des milices » dans la province.

Le chef spirituel de la communauté catholique de Timor Est (près de 90% de la population) a dit son espoir que la communauté internationale ne se retirera pas complètement du territoire: « Ils ne peuvent pas renoncer, parce que c’est un processus démocratique. Il faut que l’ONU comprenne sa position qui est de maintenir l’ordre et de demander à l’Indonésie de se comporter en pays civilisé. »

Vendredi peu après midi, Mgr Belo a été accueilli à l’aéroport de Lisbonne par le président de la République Jorge Sampaio, honneur normalement réservé aux chefs d’Etat, ainsi que par le Premier ministre Antonio Guterres, et le président de l’Assemblée de la République, Almeida Santos. Le prélat devrait rencontrer lundi le pape Jean Paul II dans sa résidence d’été de Castelgandolfo.

L’Eglise catholique portugaise, par le biais de la station catholique « Radio Renascença », avait invité « tous les hommes et les femmes de bonne volonté » à sortir dans la rue pour saluer l’évêque sur le parcours officiel. (apic/bbc/lusa/be)

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